Miss Provence victime d'antisémitisme : les dessous de l'enquête

Laetitia Reboulleau
·4 min de lecture
Miss Provence April Benayoum competes on stage during the Miss France 2021 beauty contest at the Puy-du-Fou, in Les Epesses, western France, on December 20, 2020. - Miss Normandie Amandine Petit had been elected Miss France 2021, and April Benayoum is her first runner-up. (Photo by LOIC VENANCE / AFP) / RESTRICTED TO EDITORIAL USE - NO MARKETING - NO ADVERTISING CAMPAIGNS (Photo by LOIC VENANCE/AFP via Getty Images)
(Photo by LOIC VENANCE/AFP via Getty Images)

Samedi 19 décembre, Amandine Petit a été élue Miss France 2021. Mais depuis 48h, c'est sa première dauphine, April Benayoum, qui est au cœur de l'actualité. Miss Provence a été victime de nombreux commentaires antisémites après avoir évoqué les origines israéliennes de son père. Une enquête a été ouverte.

Miss Provence n'est pas passée loin de la couronne de Miss France, samedi 19 décembre 2020. À l'occasion de la grande cérémonie organisée au Puy du Fou, elle a terminé sur la deuxième marche du podium, juste dernière Amandine Petit, Miss Normandie. Mais au lieu de profiter de son écharpe de première dauphine et de respirer après la pression du concours, April Benayoum se retrouve au cœur d'une vague d'insultes et de harcèlement sur les réseaux sociaux.

Vidéo. Découvrez le portrait d’Amandine Petit, Miss France 2021, en une minute :

Pourquoi ? Lors de la diffusion de son portrait, pendant l'élection de Miss France 2021, elle évoquait sa famille dans les termes suivants : "J'ai moi-même des origines assez variées. Ma mère est serbe-croate, et mon père israélien-italien." Des propos qui ont été suivis par la publication de plusieurs dizaines de tweets antisémites et xénophobes, ainsi que de menaces à l'intention de la jeune femme et de sa famille.

Miss Provence garde la tête froide

Face à la situation, April Benayoum refuse de s'effondrer, de se cacher, d'offrir la moindre victoire à celles et ceux qui l'ont prise pour cible. Interrogée par Nice-Matin, elle préfère garder son calme lorsqu'elle raconte : "Je n'ai bien sûr rien vu en direct, j'ai appris l'existence de ces propos par mes proches. C'est triste d'assister à de tels comportements en 2020. Je condamne bien évidemment ces propos, mais ça ne me touche absolument pas."

Vidéo. Ségolène Royal condamne les propos antisémites contre Miss Provence :

Miss Provence n'est malheureusement pas la première candidate de l'histoire à être victime de ce type de harcèlement. De Clémence Botino à Alicia Aylies, en passant par Sonia Rolland, Corinne Coman ou encore Evelyne de Larichaudy, nombreuses sont les Miss et leurs dauphines à avoir été victimes de racisme en raison de leurs origines ou de leur couleur de peau. La preuve que les mentalités sont loin d'avoir suffisamment évolué.

Les réactions rapides de la classe polémique

Une chose est sûre : les réactions du gouvernement et de la classe politique ne se sont pas fait attendre. Parmi les centaines de messages de soutien adressés à Miss Provence – à commencer de ceux des Miss, en première ligne pour défendre leur consœur – plusieurs proviennent de personnalités politiques. À l'antenne de RTL, le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal a dénoncé "une contre-soirée antisémite" qui s'est déroulée sur les réseaux sociaux en parallèle de l'élection de Miss France.

De son côté, le ministre de l'Intérieur Gérard Darmanin s'est dit "profondément choqué par la pluie d’insultes antisémites contre Miss Provence. Nous ne devons rien laisser passer. Honte à leurs auteurs. Les services de police et de gendarmerie sont mobilisés." La ministre déléguée à la Citoyenneté Marlène Schiappa a également réagi en indiquant avoir adressé un signalement au Procureur.

Une enquête est ouverte

Deux jours après les terribles messages qui ont été adressés à April Benayoum, le parquet de Paris a annoncé l'ouverture d'une enquête pour "injures à caractère raciste et provocation à la haine raciale". Les internautes responsables des tweets antisémites à son intention risquent donc des poursuites judiciaires. Au micro de BFM TV, Marlène Schiappa a affirmé que, dès samedi soir, les tweets antisémites et d'appel à la haine avaient été compilés : "Je me réjouis qu'une enquête soit ouverte, et je crois que c'est un signal fort qui est envoyé à la fois aux personnes qui sont la cible de ces attaques, mais aussi à leurs auteurs, pour leur dire que ce n'est pas anodin. Ils devront répondre de leurs actes devant la justice."

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