Miss France: comment Alexia Laroche-Joubert a dépoussiéré le concours

Diane Leyre, Miss France 2022 - AFP
Diane Leyre, Miss France 2022 - AFP

Toujours "has been", Miss France? Le concours, jugé "archaïque" par le Haut Conseil à l'Égalité entre les femmes et les hommes en 2019, est en train d'évoluer, sous la houlette d'Alexia Laroche-Joubert, présidente de la société Miss France depuis octobre 2021.

Les récents concours régionaux ont ainsi vu des candidates un peu moins calibrées que d'habitude. Une candidate trans, Andréa Furet, 20 ans, s'est ainsi présentée à Paris, et une mère de famille de 27 ans, Victoire Rousselot, a concouru en Alsace. Exit les critères d'âge, et de célibat, seule demeure la condition de la taille, comme l'explique ce mardi Alexia Laroche-Joubert au Parisien.

"Nous exigeons des candidates qu’elles soient âgées de plus de 18 ans, mesurent plus d’1,70 pour pouvoir porter les robes de créateurs, et soient femmes pour l’état civil. Sur ce dernier point, cela a toujours été le cas. On ne sait pas s’il y a eu précédemment des femmes transgenres, c’est une question qui relève de leur intimité."

Ces recommandations, précise encore la présidente de la société Miss France, ne s'appliquent qu'au concours national, chaque comité régional restant libre de les appliquer ou non.

Certains comités, comme en Alsace, ont ainsi abandonné les critères d'âge et de non-maternité, et autorisent les tatouages, à condition qu'ils n'aient pas de caractère religieux ou politique.

"Je n'ai plus envie d'être dans le Victoria's Secret"

Si Alexia Laroche-Joubert ne voit "aucun problème" à la candidature de femmes trans, il n'en a pas toujours été ainsi. Interrogée en 2019 sur cette éventualité, Sylvie Tellier, actuelle directrice générale de la société Miss France, s'était montrée moins catégorique.

"Je ne pense pas que les Français soient prêts à élire une Miss transsexuelle (sic). Et si les Français ne sont pas prêts, il n'y aura pas de Miss transsexuelle. Ce n'est pas interdit dans le règlement, même si c'est compliqué dans les faits", avait-elle expliqué au Parisien.

Dès décembre 2021, Alexia Laroche-Joubert avait évoqué son souhait de moderniser le concours Miss France, expliquant qu'il y avait "des critères à faire évoluer pour s'adapter à l'époque".

"Je n'ai plus envie d'être dans le Victoria's Secret, dans le tout cheveux, et le tout physique. (...) Une Miss France, ce n'est pas une mannequin. C'est quelqu'un qui va au contact des Français, des officiels, (...) c'est quelqu'un qui doit véhiculer des valeurs auprès des jeunes filles", avait-elle expliqué à BFMTV, en décembre dernier.

"Caricature archaïque"

"J’aime la modernité de l’approche de ce concours, tout en préservant les fondamentaux: c’est et cela restera un concours de beauté, indique encore Alexia Laroche-Joubert ce lundi au Parisien.

Les changements de règlement instaurés par Alexia Laroche-Joubert répondent en tout cas aux critiques du Haut Conseil à l'Égalité entre les femmes et les hommes (HCE), une instance consultative chargée de conseiller le gouvernement, qui avait qualifié en 2019, le concours Miss France de "caricature archaïque", dans son "rapport annuel sur l'état des lieux du sexisme en France".

Il avait dénoncé notamment l'exigence faite aux candidates d'être célibataires et sans enfant et de ne jamais avoir été mariées.

Cette année, par ailleurs, en réponse à l'action en justice de l'association féministe Osez le féminisme, les candidates ont désormais un contrat de travail.

Article original publié sur BFMTV.com

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