"Les Misérables" de Ladj Ly : vous ne le saviez pas, mais Victor Hugo et la République sont dangereux

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On croyait avoir tout lu sur le film « Les Misérables » de Ladj Ly, c'était sans compter sur Mediapart qui a choisi un angle inattendu pour évoquer le film dans un article intitulé « « Les Misérables » : en finir avec les vieilles lunes politiques du XIXe siècle ».

Si la journaliste reconnaît que ce « puissant film (…) multiplie les clins d'œil à l'auteur des Misérables et prend même le parti de se conclure sur une citation de Victor Hugo », c'est « au risque de sombrer dans un catéchisme républicain d'un autre âge », la référence au passé suffisant, comme dans le titre, à le disqualifier. La journaliste enfonce le clou au moment d'évoquer la célèbre phrase du roman de Victor Hugo qui vient clore le film : « Mes amis, retenez ceci, il n'y a ni mauvaises herbes ni mauvais hommes. Il n'y a que de mauvais cultivateurs. ». Dans un premier temps elle semble valider ce choix « la phrase apparaît comme un baume, une lueur d'espoir », mais c'est pour mieux expliquer ensuite qu'il s'agit d'un leurre : « A moins quelle ne trahisse combien les vieilles lunes du XIXe siècle -le paternalisme, l'universalisme républicain et son imaginaire colonial- imprègnent encore profondément nos imaginaires ».

crime par contamination

La critique de la politique hugolienne et républicaine parcourt ainsi tout l'article sans qu'il soit jamais possible de savoir exactement ce qu'on lui reproche. Ou plutôt, si : le fait qu'une majorité de Républicains aient défendu le colonialisme suffirait à discréditer tout le modèle. Et l'histoire n'est vue, comme c'est désormais la mode, qu'à travers les lunettes de notre époque. «

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