Avec "Les Misérables", Ladj Ly interpelle Macron sur les violences policières

Louise Wessbecher
Le réalisateur Ladj Ly, Prix du jury pour

FESTIVAL DE CANNES - Avec son film “Les Misérables”, le réalisateur français Ladj Ly remporte le Prix du jury à Cannes, ex-aequo avec “Bacurau” des Brésiliens Kleber Mendonça Filho et Juliano Dornelles. Au HuffPost, il explique vouloir envoyer un “cri d’alarme” au président Macron.

 Projeté dans le Grand théâtre Lumière mercredi 15 mai, le long-métrage de Ladj Ly avait eu droit à une standing ovation. Au lendemain, un mot revenait sur les lèvres d’une bonne partie des critiques de la Croisette pour le décrire: “une claque”.

Dans “Les Misérables”, adapté d’un court-métrage du même nom et nommé aux César en 2018, Ladj Ly dépeint avec réalisme et authenticité une bavure policière en banlieue. Alors qu’il est interpellé pour avoir volé un lionceau aux “gitans” du cirque voisin, un jeune garçon est la cible d’un tir de flash-ball par un membre de la BAC. La scène, filmée par hasard par le drone d’un jeune de la cité, va avoir des conséquences désastreuses pour tous.

“La France a l’air de découvrir que la police est violente”, lance Ladj Ly au HuffPost alors qu’on le rencontre au lendemain de la projection. “Mais nous ça fait 20 ans qu’on est gilets jaunes, qu’on revendique nos droits et qu’on nous fait passer pour des racailles, pour des casseurs.”

Lui qui, il y a dix ans déjà, dégainait sa caméra pour faire du “copwatching”, ne modère pas sa colère: “Aujourd’hui, on voit toutes ces images de violences policières, il y a des dizaines et des dizaines de personnes éborgnées, des blessés graves, des mutilés de guerre... Et pourtant il ne se passe rien, il n’y a pas de justice pour ça. C’est scandaleux ce qu’il se passe en France!”

“Les flics aussi sont des Misérables”

Ladj Ly, qui vit toujours en banlieue parisienne, décrit avec amertume le comportement des policiers: “Les mecs ne font pas leur boulot normalement. Surtout ces brigades spécialisées qu’on lance dans nos quartiers. À chaque fois, on nous ramène des brutes pour nous mater, des cow-boys qui ne sont là que pour...

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