Ce "miroir magique" en bronze dissimule un motif secret dans son reflet

Rob Deslongchamps / Cincinnati Art Museum

Un miroir de bronze "transparent", ça n'existe pas… à moins qu'il s'agisse d'un "miroir magique". D'origine chinoise, ces objets d'art dont la particularité reposait sur une pratique experte du polissage étaient de véritables chefs-d'œuvre, témoignant d'une impressionnante connaissance des propriétés des métaux.

"Miroir, mon beau miroir, dis-moi qui est la plus belle !" Cette demande de réassurance narcissique, tous les miroirs ne l’ont pas forcément entendue. Certes, les êtres humains ont fabriqué cet objet, capable de refléter plus ou moins fidèlement leur image, afin de se mirer, de s'admirer, de s'observer. Mais il en existe certaines sortes, dites "magiques", qui ne sont pas uniquement configurées pour refléter le visage d’une personne, aussi ensorcelante soit-elle, mais également un motif secret, le plus souvent l’image bienfaitrice d’une divinité. De facture originellement chinoise, ces miroirs sont très rares. L’un d’entre eux a récemment été retrouvé dans les collections du musée d’art de Cincinnati, dans l’Ohio (États-Unis), où il est désormais mis en lumière.

Ce "miroir magique" en bronze dissimule un motif secret dans son reflet

Le Cincinnati Art Museum possède l’une des plus anciennes collections d’art d’Asie orientale des États-Unis. Le musée a en effet acquis ses premières œuvres en provenance de Corée, de Chine et du Japon en 1881. Il abrite en tout plus de 100.000 objets qui conservent, du moins pour quelques-uns, encore un peu de leur mystère. C’est ce que montre une récente découverte réalisée par la conservatrice responsable des collections de l’Asie orientale, Hou-mei Sung. Afin de préparer une future exposition, elle inspecte au printemps 2021 les réserves du musée et y trouve un disque de bronze un brin délaissé. Présent depuis plus de cinquante ans dans les collections, il a pour la dernière fois été exposé aux yeux du public en 2017 en tant que simple miroir. Son apparence est banale : la face est certes polie, mais presque opaque, et le reflet que l’on peut y saisir forcément vague ; sur le dos, oxydé, six idéogrammes sont gravés. On peut y lire le nom de Bouddha Amitābha.
Amitābha (ou Amida) est la figure centrale du bouddhisme de la Terre Pure, qui symbolise un monde parfait, débarrassé de toute souffrance. Avant de devenir bouddha, Amitābha fut [...]

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