Mircea Cantor à l’affût du folklore

Libération.fr

Pour sa carte blanche au musée de la Chasse et de la Nature, l’artiste roumain confronte ses vidéos et dessins à des masques rituels de son pays natal.

Têtes hirsutes à petites cornes, nez rouge ou chapeau, un «marchand radin», un «bonhomme sans vergogne», un «ivrogne», un «cocu» et un «bonhomme laid» accueillent le visiteur avec leurs bouilles insensées. Mais aussi un «cochon», un «renard» ou un «ours»… Fixés au mur comme des trophées, ces masques traditionnels roumains en fourrure animale (mouton, sanglier, chèvre, renard et crin de cheval) viennent tout droit du musée du Paysan roumain à Bucarest. Trésors ravissants et effrayants de Moldavie et de Transylvanie, fabriqués dans les années 60, ils auraient dû être détruits après avoir servi lors des fêtes de fin d’année, comme le veut la tradition. Or, ils ont été préservés dans un pays qui très tôt a privilégié l’ethnographie. Les voilà aujourd’hui à Paris (IIIe) au musée de la Chasse et de la Nature dans le cadre de la saison France-Roumanie et de la carte blanche donnée à Mircea Cantor, né en 1977 à Oradea (Roumanie), formé aux beaux-arts de Nantes et lauréat entre autres du prix Marcel-Duchamp.

Empreintes. «Ce sont des raretés car aujourd’hui, les masques n’existent plus sous cette forme. Les matériaux ont évolué. On utilise beaucoup plus de plastique», explique l’artiste qui aime «leur spiritualité vernaculaire» et leurs formes étonnantes. «En Roumanie, la vie sociale est rythmée par ces rites. La tradition est vivante, pas muséifiée. Certes, les gens font du porte-à-porte pour obtenir un pourboire, mais aussi parce qu’ils y croient.» Pourtant, les coutumes se perdent peu à peu. Au nord du pays, dans le Maramures où Mircea Cantor travaille avec des brodeuses et des artisans, les processions de l’ours ont pratiquement disparu. Tout comme les vampires qui ont été décimés «parce que l’on mange trop d’ail et parce qu’il y a trop de touristes». De Transylvanie, Mircea Cantor a invité ses camarades peintres de l’école (...) Lire la suite sur Liberation.fr

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