«Miraculée» de Lourdes : «L'événement touche par sa grande simplicité»

Libération.fr
Bernadette Moriau en conférence de presse mardi à Beauvais.

Le théologien catholique Henri-Jérôme Gagey décrypte l'impact de ce dernier miracle en date.

La toute récente «miraculée» de Lourdes, sœur Bernadette Moriau, a longuement raconté mardi à la presse sa guérison inexpliquée. Le théologien Henri-Jérôme Gagey explique comment l’Eglise catholique envisage, elle, cette question souvent polémique du miracle.  

Le miracle: est-ce important dans la théologie catholique ?

Au XIXe siècle, la question du miracle a pris une importance considérable à cause du contexte, celui de la bataille qui se jouait entre les conceptions religieuse et scientiste. A cette époque, Lourdes était un lieu qui comptait dans cet affrontement. Le miracle était alors considéré comme la preuve que Dieu existe et qu’il intervient dans le monde, une façon en quelque sorte de forcer les «mauvais athées», si je puis dire, à renoncer à leur scientisme.

Aujourd’hui, le catholicisme est revenu à une conception plus proche des évangiles. Le miracle est considéré comme un signe visible que l’expérience spirituelle peut produire des effets libérateurs sur ceux qui la vivent. Sur un autre registre, la psychanalyse nous a appris cela : ce qui arrive au niveau spirituel peut avoir un retentissement sur le somatique, sur le corps. Personne ne conteste que la part psychique est importante dans le déclenchement des maladies. Sœur Bernadette Moriau souffrait d’une maladie effroyable. A Lourdes, pendant son pèlerinage, elle a vécu un épisode spirituel très fort. A son retour dans sa communauté, elle sent son corps se libérer et relie sa guérison à l’expérience religieuse faite à Lourdes.

Un catholique doit-il croire au miracle ?

Le mot «obligatoire» me gêne. Ce qui fait partie du corpus de croyances, c’est que Jésus opère des miracles. Dans la théologie catholique, le miracle est défini comme l’impossible dont Dieu vient à bout. Pour ma part, je préfère définir le miracle comme la manifestation de possibles auxquelles nous ne croyions pas. Il y a sûrement des catholiques (...)

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