Les miracles du « parler Dabadie »

Par Jean-Luc Wachthausen
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« Le Sauvage » (1975), film de Jean-Paul Rappeneau, avec Catherine Deneuve et Yves Montand.
« Le Sauvage » (1975), film de Jean-Paul Rappeneau, avec Catherine Deneuve et Yves Montand.

Après Les Mariés de l'An II (1971), Jean-Paul Rappeneau veut travailler de nouveau avec Jean-Loup Dabadie sur l'écriture du Sauvage. Le cinéaste a beau tenir son scénario, coécrit avec sa s?ur Élisabeth, il lui faut maintenant des dialogues entre les personnages de cette comédie qui voyage de Caracas aux Bahamas en passant par les jardins de Saint-Cloud. Du sur-mesure pour deux acteurs que Jean-Loup Dabadie connaît bien, Catherine Deneuve et Yves Montand. Alias Nelly et Martin, héros d'une comédie rocambolesque qui se déroule sur une petite île près du Venezuela dont ils vont tenter de s'échapper sur un radeau de fortune.

Les deux hommes parlent des heures, décortiquent chaque situation, les personnages, elle, exaltée, lui, misanthrope, avant que Dabadie s'échappe plusieurs jours et travaille seul à sa table sur une scène précise. Le travail achevé, Rappeneau passe le voir chez lui pour la lecture de quelques feuilles manuscrites. Tandis qu'il lit seul en silence, le dialoguiste sort de la pièce, se met derrière la porte, anxieux. Au bout de quelques secondes, le réalisateur rit tout seul, tape la table du plat de sa main. Il y a du comique de situation chez ces deux personnages opposés qui, sur cette île déserte, se parlent avec un téléphone de fortune sur un ton très urbain et parisien.

Yves Montand : « Pour le dîner, ne soyez pas en retard. Ce n'est pas pour moi, mais pour la cuisine. » Ou encore, la scène du ponton lorsque Nelly rejoint Martin qui prépar [...] Lire la suite