Minneapolis reste sous tension après la mort d'un jeune homme noir tué par la police

H.F. avec AFP
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Tirs de gaz lacrymogènes par la police lors d'une manifestation devant le commissariat de Brooklyn Center à Minneapolis (Etats-Unis), le 12 avril 2021 - Kerem Yucel © 2019 AFP
Tirs de gaz lacrymogènes par la police lors d'une manifestation devant le commissariat de Brooklyn Center à Minneapolis (Etats-Unis), le 12 avril 2021 - Kerem Yucel © 2019 AFP

Minneapolis restait mardi sous tension après une deuxième nuit consécutive de manifestations malgré l'entrée en vigueur d'un couvre-feu dans cette ville du nord des Etats-Unis, indignée par la mort d'un jeune homme noir abattu par la police en plein procès sur le meurtre de George Floyd.

En plus du couvre-feu dans toute l'agglomération décrété par les maires des villes jumelles de Minneapolis et de Saint-Paul, un millier de soldats de la Garde nationale sont à pied d'oeuvre pour empêcher de nouveaux débordements.

Une quarantaine de personnes ont été arrêtées dans la nuit de lundi à mardi et des policiers ont été légèrement blessés à l'occasion d'un rassemblement en face du commissariat de Brooklyn Center, dans la banlieue de Minneapolis, ont annoncé les forces de l'ordre, qui ont utilisé à plusieurs reprises du gaz lacrymogène.

C'est à cet endroit que Daunte Wright, un Afro-Américain de 20 ans qui circulait en voiture avec sa petite amie, a été tué "par accident" dimanche, au cours d'un banal contrôle lié à des plaques d'immatriculation invalides, a expliqué la police locale. Une agente avait alors "sorti son arme à feu à la place de son Taser", un pistolet à impulsion électrique censé être non létal, selon la même source.

Lundi soir, peu avant 21h, près de deux heures après l'entrée en vigueur du couvre-feu, des dizaines de manifestants ont continué de brandir leurs pancartes et de scander des slogans à proximité du poste de police de Brooklyn Center, tout en s'abritant de la pluie sous des parapluies et des capuches

Des pillages sporadiques ont également eu lieu ailleurs à Brooklyn Center, ont raconté des responsables chargés de la sécurité.

Deuxième nuit d'affilée

Il s'agissait de la deuxième nuit d'affilée de protestations après la mort de Daunte Wright.

Lundi soir, les autorités judiciaires de l'Etat du Minnesota ont transmis l'identité de la policière impliquée dans un communiqué. Kimberly Potter, une employée des services de police de Brooklyn Center depuis 26 ans, a été suspendue administrativement, ont-elles souligné.

Pour étayer ses propos sur une "mort accidentelle", le chef de la police locale Tim Gannon a présenté l'enregistrement réalisé par la caméra-piéton de la policière.

Sur ces images, on voit des agents extraire le jeune homme de sa voiture et lui passer des menottes. Celui-ci oppose alors une résistance et se rassoit dans son véhicule. On entend la policière crier "Taser, Taser", pour signaler qu'elle va tirer. A la place, un coup de feu résonne.

"Putain de merde, j'ai tiré sur lui", réagit alors cette dernière, tandis que Daunte Wright, mortellement blessé, démarre au volant de sa voiture qui s'écrase quelques rues plus loin.

La façon dont la policière a confondu son arme avec son taser demeure entourée de flou.

Le chef de la police locale a déclaré que les policiers étaient formés pour placer les armes de poing "sur notre côté dominant et le Taser sur notre côté faible".

Le président Joe Biden a qualifié lundi le meurtre de "tragique", mais a mis en garde contre toute agitation violente potentielle. "Je pense que nous devons attendre et voir ce que l'enquête montre", a-t-il déclaré.

"Les manifestations pacifiques sont compréhensibles" a-t-il ajouté, se disant conscient de "la colère et la douleur" vécues par les Afro-Américains.

Ce drame a ravivé la colère à Minneapolis, qui avait connu plusieurs nuits d'émeutes après la mort de George Floyd, le 25 mai dernier, sous le genou du policier blanc Derek Chauvin.

Des matches de basket, notamment de la NBA, mais aussi de baseball ou de hockey, prévus pour la soirée de mardi, ont pour leur part été reportés.

Climat tendu

Dans ce climat tendu, l'avocat de Derek Chauvin avait demandé de placer les jurés à l'écart pour empêcher qu'ils subissent des pressions. "Je comprends qu'il y ait des troubles civils" mais "je ne crois pas que cela soit un motif d'inquiétude supplémentaire", avait répondu le juge Peter Cahill.

Quelque 260 personnes ont été tuées par des policiers depuis le début de l'année, a souligné la puissante association de défense des droits civiques ACLU.

Article original publié sur BFMTV.com