Des ministres menacés, des promotions envisagées... Les pistes de Macron pour le remaniement

Thomas Soulié avec Hugo Septier
Emmanuel Macron et Edouard Philippe au Mont-Valérien, près de Paris, le 18 juin 2020 - Ludovic MARIN © 2019 AFP

Ce n'est plus un secret: d'ici une semaine, le paysage politique français devrait être modifié, mais jusqu'à quel point? Au moment d'amorcer la dernière ligne droite de son quinquennat, Emmanuel Macron souhaite en effet donner un nouveau souffle à son gouvernement, plus axé sur l'écologie après la vague verte constatée dans les grandes villes lors des élections municipales.

Ainsi, le remaniement annoncé devrait connaître un premier dénouement d'ici la fin de la semaine, avec la démission d'Édouard Philippe. S'il n'est pas reconduit, plusieurs noms circulent actuellement pour occuper son poste à Matignon, dont celui de Jean-Yves Le Drian, actuel ministre des Affaires étrangères.

Ces dernières heures, Florence Parly, ministre de la Défense, faisait également partie des potentielles candidates au poste. Pour la première fois depuis Édith Cresson - de 1991 à 1992 -, une femme occuperait ainsi le prestigieux poste, concrétisant ainsi une promesse de campagne d'Emmanuel Macron.

• Des départs annoncés

Pour autant, le Premier ministre ne serait pas le seul menacé au sein du gouvernement. Selon les informations de BFMTV, Christophe Castaner, fragilisé à son poste de ministre de l'Intérieur, pourrait hériter d'un autre maroquin. En ce qui concerne Nicole Belloubet, cette dernière assurait ce mardi qu'on "voudrait que les choses ne s'arrêtent jamais" - une déclaration qui ressemble plus que jamais à un adieu à sa fonction.

Ces derniers jours, Emmanuel Macron avait par ailleurs fait montre de son souhait de reprendre à son compte les dossiers de la culture, une volonté qui fragilise l'actuel ministre en charge de ses dossiers, Franck Riester, qui pourrait donc quitter ses fonctions.

Pierre angulaire des deux dernières années du quinquennat, l'écologie pourrait également changer de visage puisque la ministre de la Transition écologique et solidaire, Élisabeth Borne, n'incarnerait pas suffisamment le nouveau souffle que le chef d'État souhaiterait donner à son mandat.

L'avenir est aussi incertain pour Muriel Pénicaud au Travail, Christelle Dubos, aux Solidarités, Geneviève Darrieusecq aux Anciens combattants ou Frédérique Vidal à l'Enseignement supérieur, la Recherche et l'Innovation.

• Des promotions envisagées

En revanche, dans ce jeu des chaises musicales, plusieurs ministres actuels pourraient se voir offrir une promotion. C'est le cas du ministre de l'Action et des Comptes publics Gérald Darmanin, qui pourrait décrocher un grand ministère social, et d'Olivier Dussopt, très apprécié par l'Élysée et Matignon. Seul problème, les deux hommes sont fragilisés par des enquêtes qui les visent.

En ce qui concerne Marc Fesneau, ministre chargé des Relations avec le Parlement, ses prérogatives pourraient être élargies. Certaines rumeurs le donnent également en partance pour le ministère de l'Agriculture. Marlène Schiappa, quant à elle, rêve d'un grand ministère de la Famille. Elle occupe actuellement le poste de secrétaire d’État chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes.

Emmanuel Macron se retrouve ainsi face à un casse-tête. Après avoir perdu la majorité absolue à l'Assemblée nationale, le président de la République va en effet devoir récompenser ses alliés du MoDem et d'Agir, qui lui permettent de garder un poids important au Parlement. Il pourrait également revoir le périmètre de certains ministères, dont ceux de l'Écologie et de l'Économie.

• L'arrivée d'acteurs de la société civile étudiée

Autre promesse du candidat Macron avant la présidentielle de 2017, l'entrée d'acteurs de la société civile dans les ministères pourrait également être décidée lors de ce remaniement.

Selon les informations de BFMTV, plusieurs noms circuleraient actuellement, dont celui de François Molins, ancien procureur de la République, qui pourrait intégrer le ministère de la Justice. De leur côté, Laurence Tubiana, qui gère la Convention citoyenne pour le climat, et Emmanuel Faber, patron de Danone, pourraient également trouver leur place au gouvernement.

Article original publié sur BFMTV.com