Mines terrestres antipersonnel : plus de 1 600 morts et 3 000 blessés en 2022

Vingt ans se sont écoulés depuis l'adoption du traité historique d'interdiction des mines terrestres antipersonnel, malgré tout, ces armes de guerre continuent d'être utilisées et de tuer.

Selon le dernier rapport de l'Observatoire des mines, près de 5 000 personnes ont été tuées et blessées par des mines ou des restes d'explosifs de guerre en 2022.

Parmi elles, plus de 1 600 sont mortes et 3 000 ont été blessées. Les civils représentent 85 % des victimes et la moitié d'entre elles dont l’âge était connu était des enfants.

Ces engins explosifs tuent et blessent des personnes pendant les conflits et longtemps après. Elles explosent à proximité ou au contact d'une personne. Le risque est élevé pour les enfants qui jouent ou travaillent dans des champs susceptibles d'être minés.

Pour la troisième année consécutive c’est en Syrie, un État non partie au traité, qu’a été recensé le plus grand nombre de nouvelles victimes (834), suivie de l’Ukraine, État partie au traité qui a enregistré un total de 608 nouvelles victimes et a vu le nombre de victimes civiles multiplié par dix par rapport à 2021.

Suivent ensuite un État partie et un État non partie, le Yémen et le Myanmar, qui ont chacun enregistré plus de 500 nouvelles victimes en 2022.

Les mines antipersonnel sont généralement placées à la main, mais elles peuvent également être dispersées par des avions, des roquettes, de l'artillerie ou des véhicules spécialisés.

Contamination des sols

Les terrains non déminés détruisent les moyens de subsistance, empêchent l'utilisation des terres et perturbent l'accès aux services essentiels.

Au moins 60 État et autres territoires sont encore contaminés par des mines terrestres antipersonnel.

En tête de cette liste, figurent l'Afghanistan, la Bosnie, le Cambodge, la Croatie et l'Éthiopie. Viennent ensuite l'Irak, la Turquie et l'Ukraine.

164 pays ont ratifié à ce jour le traité d'interdiction des mines, mais tous sont loin de le respecter.

La Russie, qui n'en fait pas partie, a massivement utilisé des mines antipersonnel en Ukraine depuis qu'elle a envahi le pays en février 2022.

Il s’agit d’une situation sans précédent dans laquelle un pays qui n'est pas partie au traité d'interdiction des mines utilise cette arme sur le territoire d'un État partie.

Comme chaque année, l'ICBL, la coalition issue de la société civile qui commande chaque année ce rapport appelle à l'adhésion universelle au traité d'interdiction des mines et à sa pleine mise en œuvre, y compris à la destruction et au déminage des sols.