Des milliers de manifestants pro-palestiniens à Washington contre Biden

Des manifestants pro-palestiniens devant la Maison Blanche à Washington, le 8 juin 2024 (Mandel NGAN)
Des manifestants pro-palestiniens devant la Maison Blanche à Washington, le 8 juin 2024 (Mandel NGAN)

Des milliers de manifestants pro-palestiniens se sont rassemblés samedi près de la Maison Blanche à Washington pour exprimer leur colère face à Joe Biden et sa politique qu'ils qualifient de trop conciliante vis-à-vis d'Israël dans sa guerre contre le Hamas à Gaza.

Scandant "de (Washington) à la Palestine, nous sommes la ligne rouge", des manifestants ont tenu une longue banderole où étaient inscrits les noms de Palestiniens tués par l'armée israélienne après huit mois de conflit.

Le président américain est sous le feu de fortes critiques aux Etats-Unis, émanant de personnes qui considèrent qu'il n'en fait pas assez pour influencer le gouvernement israélien et la manière dont celui-ci mène sa campagne à Gaza.

Joe Biden a offert depuis le début de la guerre à Gaza un soutien inconditionnel à Israël, mais avait estimé en mars qu'une offensive majeure à Rafah était "une ligne rouge" à ne pas franchir.

Mais dans la foulée d'une frappe meurtrière en mai sur cette ville du sud de la bande de Gaza, la Maison Blanche avait déclaré que cette "ligne rouge" n'avait pas été franchie.

"Je ne crois plus en aucune parole de Joe Biden", a déclaré Zaid Mahdawi, un manifestant de 25 ans venu de l'Etat voisin de Virginie, et dont les parents sont palestiniens.

"Cette +ligne rouge+ dans sa rhétorique, ce sont des inepties", ajoute-t-il auprès de l'AFP, dénonçant "l'hypocrisie et la lâcheté" selon lui du président américain.

Tala McKinney, une aide-soignante de 25 ans, dit espérer que le conflit cesse bientôt, "mais clairement notre président n'est pas à la hauteur de ses propos".

Les manifestants, vêtus dans leur grande majorité d'habits rouges, tenaient des drapeaux palestiniens et des pancartes affichant "la ligne rouge de Biden était un mensonge", ou encore "bombarder des enfants, ce n'est pas de l'auto-défense".

A quelques mois de l'élection présidentielle qui l'opposera à son rival et prédécesseur républicain Donald Trump, Joe Biden est sous pression pour s'assurer le soutien des électorats musulman et jeunes, traditionnellement alignés avec le Parti démocrate.

"C'est très décevant d'avoir un président qui ne tient pas parole", a déclaré Tala McKinney. Elle affirme qu'elle ne votera ni pour Donald Trump ni pour Joe Biden en novembre, mais plutôt pour un troisième candidat.

bur-bjt/rle/seb