Des milliers d'Arabes israéliens appellent à la fin de la guerre à Gaza

Des Arabes israéliens manifestent pour réclamer la fin du conflit à Gaza à Deir Hanna, dans le nord d'Israël, le 30 mars 2024 (AHMAD GHARABLI)
Des Arabes israéliens manifestent pour réclamer la fin du conflit à Gaza à Deir Hanna, dans le nord d'Israël, le 30 mars 2024 (AHMAD GHARABLI)

Des milliers d'Arabes israéliens ont appelé à la fin du conflit à Gaza, lors d'un rassemblement samedi à Deir Hanna, dans le nord d'Israël, pour la Journée de la terre qui tombe cette année pendant la guerre dévastatrice dans le territoire palestinien.

Le traditionnel rendez-vous de la Journée de la terre commémore la mort en 1976 de six Arabes qui manifestaient contre la confiscation de leurs terres par Israël.

"Arrêtez la guerre sur Gaza", "Gaza, ne vacille pas!", pouvait-on lire sur les pancartes de participants qui ont parcouru les rues de la ville jusqu'à la place principale, certains portant le keffieh et brandissant le drapeau palestinien.

Des députés arabes israéliens étaient au premier rang de la marche à laquelle ont participé de petits groupes de Juifs, certains arborant des slogans en hébreu tel: "Juifs et Arabes refusent d'être ennemis".

"Nous sommes venus en solidarité avec la foule arabe ici, pour réclamer l'arrêt des massacres par le gouvernement israélien à Gaza et l'arrêt de la guerre", a déclaré Eyal, un manifestant israélien de 33 ans.

Les Arabes israéliens sont les membres ou les descendants de la population arabe présente dans la Palestine du mandat britannique, qui s'est retrouvée en territoire israélien à l'issue de la première guerre israélo-arabe ayant éclaté au lendemain de la création d'Israël en 1948.

Selon le Bureau central des statistiques israéliens (CBS), Israël compte plus de 2 millions d'Arabes, soit 21% de la population. Ces chiffres incluent la population de Jérusalem-Est, secteur dont l'annexion par Israël n'est pas reconnue par l'ONU.

- "Machine de la mort" -

"Quarante-huit ans se sont écoulés (...), la machine de la mort (...) et la tentative d'effacer notre identité nationale et de nous voler nos terres se poursuivent", a déploré Saïd Hussein, maire de Deir Hanna, dans un discours sur la place principale de la ville.

Il aussi dénoncé une marginalisation de la communauté d'Arabes israéliens par les autorités israéliennes, critiquant des "lois racistes" visant un "déplacement programmé" des Bédouins arabes du désert du Néguev.

"Nous sommes confrontés à une série de déplacements et à de la répression, et nous sommes les survivants de notre peuple qui a été déplacé", a regretté de son côté Mohammed Barakeh, un responsable de la communauté arabe israélienne.

"Cette chair qui brûle à Gaza est la nôtre et les femmes meurtries à Gaza sont nos sœurs", a-t-il dit, dénonçant un "génocide" dans le territoire palestinien.

Pour la première fois depuis l'attaque sanglante du mouvement islamiste palestinien Hamas le 7 octobre en Israël, des manifestations ont été autorisées vendredi dans la ville arabe de Shefa-Amr, dans le nord d'Israël, où vit une grande partie de la minorité arabe d'Israël.

Cette attaque a entraîné la mort de plus de 1.160 personnes en Israël, majoritairement des civils, selon des données officielles. Environ 250 personnes ont été enlevées et emmenées à Gaza, et 130 d'entre elles sont toujours otages dont 34 sont mortes, selon Israël.

Les représailles israéliennes dans la bande de Gaza y ont fait plus de 32.700 morts, selon le ministère de la Santé du gouvernement du Hamas.

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