Un millier de manifestants à Lyon en soutien à la contestation en Iran

Un millier de personnes ont manifesté dimanche à Lyon en soutien au mouvement de contestation en Iran et en hommage à Mohammad Moradi qui s'est suicidé en se jetant dans le Rhône pour attirer l'attention sur son pays, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Les manifestants ont défilé derrière une grande banderole proclamant "Femme, vie, liberté", le slogan du mouvement de révolte en Iran qu'ils ont crié le long du parcours.

L'Iran est secoué par des manifestations depuis la mort d'une étudiante Mahsa Amini, le 16 septembre, après son arrestation pour violation du code vestimentaire.

Depuis, 14 personnes ont été condamnées à mort en lien avec les manifestations, selon un décompte de l'AFP basé sur des informations officielles. Parmi elles, quatre ont été exécutées, dont deux samedi.

L'émotion était vive à Lyon parmi les manifestants qui agitaient des drapeaux iraniens ou s'étaient emmaillotés dedans.

"Je suis là pour demander la liberté en Iran (...) Quand j'étais petite, ils ont arrêté toute ma famille", a expliqué à l'AFP Sholeh Golrokhi, 49 ans, venue de Paris et qui s'est dessinée une larme rouge sur le visage.

"On est contre ce régime (...) qui est contre l'humanité, contre tout le peuple iranien", a expliqué Jiyan Bahramian, un réfugié politique de 46 ans vivant à Besançon.

Il tenait avec d'autres compatriotes une banderole en tissu affichant, en rouge, le mot liberté composé avec les noms de 630 prisonniers politiques, "une petite partie d'un grand chiffre", a-t-il dit: selon l'ONU, environ 14.000 personnes ont été arrêtées depuis le début du mouvement.

"On est là pour demander aux pays occidentaux d'être la voix de notre peuple" et "d'expulser les ambassadeurs iraniens", a souligné Samané Ramezanpanah, une informaticienne de 35 ans.

Tenant des pancartes "Empêchons la tuerie", "Vive la révolution démocratique en Iran" ou "Stop aux massacres des innocents", la foule a scandé les noms de Mohammad Moradi, qui s'est suicidé à Lyon le 28 décembre, ou des personnes exécutées récemment.

Des chansons du rappeur Toomaj Salehi, arrêté pour son soutien au mouvement, étaient diffusées, tandis que sur un camion, une femme, le drapeau iranien peint sur le visage, imitait une pendaison.

Si la foule était majoritairement composée d'Iraniens, des Lyonnais étaient aussi venus les soutenir, à l'image de Maurice Magnan et de son épouse.

"L'Iran vit une époque dramatique, les mollahs au pouvoir ne visent qu'à leur maintien et en aucun cas le bonheur de leur peuple. L'Iran mérite vraiment qu'on s'occupe de leur sort", a souligné ce retraité de 65 ans.

"Nous avons senti une immense insatisfaction du peuple iranien" lors d'un voyage en Iran, a-t-il expliqué, évoquant la situation désastreuse de l'économie et le manque d'espoir de la jeunesse.

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