Les mille et un visages d'Arsène Lupin

Par Sophie Pujas
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« Arsène Lupin contre Arsène Lupin » (1962) d'Edouard Molinaro avec Jean-Claude Brialy et Jean-Pierre Cassel. 
« Arsène Lupin contre Arsène Lupin » (1962) d'Edouard Molinaro avec Jean-Claude Brialy et Jean-Pierre Cassel.

« Vingt fois j'ai vu Arsène Lupin, et vingt fois c'est un être différent qui m'est apparu? ou plutôt le même être dont vingt miroirs m'auraient renvoyé autant d'images, déformées, chacune ayant ses yeux particuliers, sa forme spéciale de figure, son geste propre, sa silhouette et son caractère. » Cette impossible description faite par Maurice Leblanc dans Arsène Lupin, gentleman cambrioleur montre combien la silhouette de Lupin est une ombre fuyante, que chacun pourra s'approprier.

Les adaptations pour le grand et le petit écran se comptent par dizaines, et dès les années 1910 ? et avec plus ou moins de succès. Quelques raisons qui expliquent l'éternel retour du personnage.

Il est immortel

« Je ne peux plus m'en débarrasser. Il s'assied à mon bureau en même temps que moi. Je suis devenu son ombre, je lui obéis », déclara Maurice Leblanc à propos d'Arsène Lupin. À la fin de sa vie, sa raison s'égarant, l'écrivain avait fait mettre des verrous aux fenêtres de sa maison d'Étretat de peur d'être visité par son héros? « Il s'était mis à redouter Lupin », résume son biographe Jacques Derouard, auteur de Maurice Leblanc, Arsène Lupin malgré lui (Séguier). Mais Leblanc n'est pas le seul à y croire. Lupin possède ce privilège propre aux mythes littéraires : s'inviter dans le monde réel et devenir pour leurs admirateurs d'authentiques compagnons de route.

« Pour moi, Arsène Lupin est toujours vivant ! » assure Adrien Goetz, auteur de La Nouvelle Vie d'Arsène Lupin, rom [...] Lire la suite