Millésime 2017 – Les grands crus classés du Médoc

Par Jacques Dupont
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Château Beychevelle
Château Beychevelle

Passé un certain cap dans l'âge, Claude Imbert, vénéré fondateur du Point, qui maniait l'humour comme un horloger les rouages d'une montre, nous avait un jour expliqué ne plus trop acheter les grands millésimes que l'on doit attendre plusieurs décennies avant de les savourer. Ô combien il avait raison et, pour paraphraser nos glorieux cousins imaginés par Hergé, nous dirions même plus : la vérité se dévoile dans les autres, les petits millésimes. Comme aimait à le répéter l'ancien directeur de château Lagrange (saint-julien) Marcel Ducasse, « pour rater un 2005, fallait vraiment le faire exprès ».

Quand toutes les données sont positives, floraison impeccable, météo astiquée, état sanitaire flambant neuf, etc., la décision se réduit au minimum, on vendange en même temps que les voisins, on entre de beaux raisins dans la bonne humeur, sans se presser, sans stresser. Après, chacun ajoute sa petite touche personnelle en fonction de son QI, de ses envies et ce celles de sa présumée et aimable clientèle. Soit, par exemple ? toujours en conservant l'exemple de 2005 ?, on vise un public de nouveaux riches dans le désir de l'épate, soit on maintient le style cistercien des grands bordeaux.

Année « jalouse »

Avec le petit millésime, l'année « jalouse », l'affaire se présente bien différemment. Prenons 2017. En voilà un de pas simple, ombrageux, violent même. Deux épisodes de gel (20-21 et 27-28 avril), avec des températures qui par endroits sont descendues à - 5 °C, n [...] Lire la suite