"Milkman", l'Irlande du Nord d'Anna Burns

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Audacieux, original, impertinent, le roman n'a pas échappé à l'œil aiguisé de l'éditrice Joëlle Losfeld. Son auteur, Anna Burns, est la première nord-irlandaise à avoir remporté le prestigieux Man Booker Prize, décerné chaque année au meilleur ouvrage de fiction en langue anglaise. Il est aussi ardu et touffu que les événements qui s'y sont déroulés depuis plus de trente ans. "Jeune fille" de dix-huit ans qui lit en marchant mais jamais en courant, "tous les jours de la semaine, sous les balles ou sous les bombes, est abordée par le laitier. Une première fois. Suffisant pour faire enfler une rumeur. Sœur aînée la met en garde : "On t'a vue parler à cet homme." "Jeune fille" est furieuse. Mais l'engueulade est contre-productive, "jeune fille" va avoir envie de se lier au laitier. Pour la première fois, "jeune fille" ne lira pas en marchant. Sept jours d'affilée. 

Déstabilisant et fascinant

"Sœur aînée, peut-être-petit-ami, troisième beau-frère", le roman de Anna Burns est truffé de tournures stylistiques de ce genre. Déstabilisant et fascinant. Volontiers aussi littéraire qu'en adéquation avec le franc-parler d'une fille à la sortie d'une adolescence en milieu chahuté. Un vocabulaire en prise avec une guerre sourde et fracturée. De la littérature de haut vol en zone de guérilla urbaine. Mais pas seulement. C’est aussi pour l’auteur, une façon très habile d'illustrer ce qui se pratiquait en terme linguistique à cette époque. Dès qu'il était question de problèmes politiques qui...


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