Les militaires se cramponnent au pouvoir

L’Histoire, qu’il s’agisse d’une tragédie ou d’une farce, n’est pas la seule à se répéter. Les illusions aussi ont la vie dure. Et, au Pakistan, aucune n’est plus tenace que celle qui veut qu’un gouvernement militaire finisse tout simplement par disparaître, ne pouvant faire face aux difficultés qui l’attendent. Illusions que rien ne peut dissiper.
Les parallèles historiques pouvant parfois jeter une lumière crue sur les chemins qui mènent à la folie, il est instructif de nous projeter à l’époque du général Zia ul-Haq, qui dirigea le pays de 1978 à 1988, quand l’hypocrisie était la norme de la politique d’Etat. On ne manquait pas à l’époque d’esprits libéraux hurlant à qui voulait bien l’entendre que les obstacles auxquels était confronté Zia étaient si insurmontables et son soutien populaire si faible qu’il serait obligé de partir. Nous avons bouclé la boucle : avec le passage d’une dictature militaire à une autre et, entre les deux, une belle part de démocratie pakistanaise bien distincte d’autres formes de démocratie [allusion à Benazir Bhutto et à Nawaz Sharif]. Et, comme pour prouver que les mythes et les illusions perdurent, on murmure de nouveau dans les salons que le régime de Musharraf est si impopulaire, si dépourvu d’options qu’il devra bien accepter des politiciens professionnels en son sein avant de se diriger vers une sortie aussi digne que garantie par la Constitution.
Ces fameux salons où l’on cause, détenteurs de ce qui pourrait passer pour une sagesse supérieure, ont peut-être raison. Après tout, le régime de Musharraf, à la veille de son premier anniversaire, n’a pas fait grand-chose si ce n’est détruire les espoirs suscités par son intervention. Il faut cependant souligner que, dans un environnement tribal comme l’est l’environnement politique au Pakistan, personne ne lâche le pouvoir de sa propre volonté. Et certainement pas après s’être adressé à l’Assemblée et avoir entendu le cercle très fermé qui entoure tout dirigeant affirmer qu’il avait eu un remarquable impact. Certainement pas, non plus, après s’être habitué aux charmes du pouvoir.

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