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Migration : l'Europe veut augmenter le nombre de retours

La Commission européenne veut augmenter le retour des migrants en situation irrégulière. Elle a présenté "une nouvelle stratégie opérationnelle".

Seuls 21 % des migrants irréguliers retournent dans leur pays d'origine, malgré une décision négative sur leur demande d'asile par un Etat membre.

Selon la Commissaire européenne aux Affaire intérieures, Ylva Johansson, " il est nécessaire qu'immédiatement après la décision négative, les Etats membres fassent la demande de réadmission pour ce pays d'origine ! Ensuite, nous pourrons donner suite à la décision et renvoyer effectivement ces personnes dans leur pays d'origine. C'est pourquoi il est si important que nous travaillions ensemble. Les États membres ne peuvent pas résoudre le problème seuls, mais la Commission européenne ne peut pas non plus le résoudre seule !"

La Commission européenne est préoccupée par le fait qu'en 2022, il y a eu 924 000 demandes d'asile, soit 50 % de plus qu'en 2021.

Les pays où les demandes sont les plus nombreuses sont la France, l'Allemagne, l'Espagne et l'Autriche.

Le problème est que tous n'ont pas droit à une protection internationale et exercent une pression trop forte sur le système d'asile.

Considérant qu'il s'agit de migrants économiques, un réseau d'ONG affirme qu'il existe d'autres solutions.

"L'une d'entre elles serait d'augmenter les canaux d'immigration légale qui, en fait, ont diminué en Europe au cours des 20 dernières années," avance Catherine Woollard, Directrice du Conseil européen pour les réfugiés et l'exil. "Ce sont des gens qui peuvent vouloir venir en Europe pour trouver du travail et, en même temps, l'Europe a besoin de travailleurs".

La Commission est prête à accroître le travail avec les pays d'origine qui respectent les droits de l'homme. Mais le Conseil européen pour les réfugiés et l'exil estime qu'il serait préférable de concentrer les ressources sur la coopération au développement.

"Le véritable obstacle se trouve dans le pays d'origine, en raison de l'impopularité et du ressentiment à l'égard des efforts et de la pression de l'Europe pour renvoyer les gens, ce qui n'est pas une priorité pour beaucoup de ces pays en particulier, dans le contexte où ils bénéficient de transferts de fonds, de flux financiers, de connaissances et d'expertise qui proviennent de leurs ressortissants partis à l'étranger", explique Catherine Woollard.

Le document d'orientation sera discuté lors de la réunion informelle "Justice et affaires intérieures" à Stockholm, plus tard cette semaine.