Migrants: comment travaille l'avion de Frontex qui patrouille au-dessus de la Manche?

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L'avion de Frontex est arrivé mercredi 1er décembre à Lille.  - Ministère de l'Intérieur
L'avion de Frontex est arrivé mercredi 1er décembre à Lille. - Ministère de l'Intérieur

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Déployé au-dessus de la Manche, l'avion Frontex scrute les 150 kilomètres de côtes françaises afin d'éviter le départ d'embarcations de migrants vers le Royaume-Uni. BFMTV est allé à la rencontre de cet avion et de son équipage arrivé début décembre en France, suite au naufrage d'une embarcation de migrants qui a provoqué la mort de 27 personnes.

Après six heures de patrouille, le bi-moteur se pose à l'aéroport de Lille qui lui sert de base. À l'intérieur, un pilote, un co-pilote et deux opérateurs qui scrutent les côtes depuis l'arrière de l'appareil.

Caméras et radar

"On a pu identifier un passeur ce matin et, ensuite, localiser son domicile", se félicite Tim Wezelnburg, copilote. Car l'avion possède de bons yeux: il est équipé de caméras ultra-technologiques qui peuvent prendre des photographies extrêmement précises de jour comme de nuit.

Ric, chef opérateur Frontex, désigne un écran: "C'est une caméra à lecture optique, on l'utilise pour détecter les mouvements au sol et le radar est plus utile pour les mouvements une fois sur l'eau." Les images enregistrées par l'avion sont retransmises en direct aux policiers français.

Grâce à l'appareil et au travail de son équipage, la police française "a pu intercepter trois embarcations qui s'apprêtaient à prendre la mer et 125 migrants qui s'apprêtaient à se mettre en danger sur des embarcations de fortune" dans la nuit de mardi à mercredi, souligne Jean-Philippe Nahon, directeur zonal de la police aux frontières.

Les accusations des rescapés du naufrage

Avec cet appareil, la France tente de montrer qu'elle muscle son dispositif, après la mort de 27 migrants dans un naufrage le 24 novembre dernier. Deux survivants de ce drame ont accusé les secouristes français et britanniques de s'être renvoyés la responsabilité, poussant à leur inaction.

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La présence de l'appareil ne décourage toutefois pas les migrants. Dans un camp de fortune que BFMTV a visité, un migrant soudanais explique que "ce soir, trois personnes rien qu'ici vont tenter la traversée".

Des "conditions idéales"

D'autant que les conditions météorologiques sont clémentes cette semaine, poussant l'appareil à patrouiller quotidiennement. Il n'y a "pas de vague, pas de vent: ce sont des conditions idéales", décrypte Yann Manzi, co-fondateur d'Utopia 56.

Pour le militant, entre "le moment où on repère et le moment où on déclenche [une opération], les bateaux sont déjà partis". "Nous commençons avec un seul avion, mais nous sommes prêts à renforcer notre soutien si nécessaire", expliquait toutefois Fabrice Leggeri, le directeur de Frontex, lors du déploiement du bi-moteur en début de mois.

Depuis le début de l'année, 30.000 migrants ont tenté de traverser la Manche. C'est quatre fois plus qu'en 2020.

Article original publié sur BFMTV.com

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