Migrants : la tension monte sur l'île grecque de Lesbos

Ils sont une cinquantaine à être arrivés, dimanche 1er mars, en canots pneumatiques, sur l'île grecque de Lesbos. Des familles entières ont fui l'Afghanistan dans l'espoir d'une vie meilleure. Mais pour l'instant, pas question de bouger de ce talus de bord de mer, ordonne la police. Les problèmes, ce sont des militants d'extrême droite qui, dimanche 1er mars, devant notre caméra, ont empêché des demandeurs d'asile de débarquer. Plus tard dans la soirée, ils s'en sont pris à des travailleurs humanitaires, qui viennent en aide aux migrants. À coups de gourdin et de barre de fer, ils ont endommagé leurs voitures et menacé leurs occupants. Les militants d'Aube dorée font leur loi sur l'île D'un centre d'hébergement provisoire du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, il ne reste pratiquement plus rien. Il a été mis à feu. Un incendie criminel qui n'a heureusement pas fait de victime. Il n'y avait encore aucun occupant. Sur les plages de Lesbos, il n'y a plus personne, lundi matin, pour apporter soutien et réconfort aux derniers arrivants. Les gros bras du parti Aube dorée règnent en maîtres sur l'île. Ils bloquent tous les accès au camp de Mória, où pas moins de 20 000 demandeurs d'asile attendent de savoir si l'Europe les acceptera sur son territoire ou s'ils seront renvoyés en Turquie. Les militants d'extrême droite jouissent ici d'une incroyable impunité. Comme s'il s'agissait, pour les autorités de l'île, d'une stratégie délibérée : laisser volontairement monter la tension pour pousser l'Europe à réagir.