Migrants haïtiens: nouvelle démission d'un haut fonctionnaire américain

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La polémique autour des expulsions massives de migrants haïtiens des États-Unis vers leur pays natal se poursuit. En témoigne le départ de Harold Koh, conseiller juridique du département d'État.

Après la fracassante démission de l'émissaire spécial en Haïti Daniel Foote, un autre haut fonctionnaire américain a décidé de démissionner. Harold Koh, juriste progressiste et ex-doyen de l'Université de Yale, a envoyé une note de six pages à ses supérieurs hiérarchiques pour expliquer sa décision.

Dans cette note dont le journal Politico a obtenu une copie, Harold Koh ne mâche pas ses mots. Pauvreté extrême, violence des gangs armés, instabilité politique accrue après l’assassinat du président, tremblement de terre, tempête tropicale : « Haïti est un cauchemar humanitaire ». En renvoyant les migrants haïtiens chez eux, l’administration Biden viole le droit international, estime ce haut fonctionnaire du département d’État.

Harold Koh fustige notamment le titre 42 qui autorise le renvoi immédiat de demandeurs d’asiles et de migrants aux frontières sous le prétexte du Covid-19 et des enjeux sanitaires de la pandémie. Un dispositif « illégal » et « inhumain », martèle ce juriste considéré comme l’un des plus brillants de sa génération.

« Cette politique malheureuse ne peut être gravée dans le marbre », poursuit Harold Koh. Il réclame que l’administration Biden évalue la situation de chaque migrant haïtien, vérifie si ces migrants ont de la famille dans d’autres pays, mais surtout que les expulsions vers Haïti soient immédiatement suspendues.

Selon les derniers chiffres de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), 57 vols en provenance des États-Unis ont atterri en Haïti entre le 19 septembre et le 1er octobre, renvoyant 6 213 migrants chez eux.

Le 22 septembre dernier, l'émissaire spécial en Haïti Daniel Foote avait annoncé sa démission dans une lettre adressée au secrétaire d'État Antony Blinken. Il y dénonçait la « décision inhumaine et contreproductive des États-Unis d'expulser des milliers de réfugiés haïtiens et d'immigrants illégaux en Haïti ».

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