Migrants bloqués en Libye: «La peur est toujours là»

Depuis le début de l'offensive du maréchal Haftar sur Tripoli le 4 avril 2019, le Haut commissariat des Nations unies aux réfugiés (HCR) n'a de cesse d'alerter quant à la situation des migrants bloqués sur place qui suscite une grande inquiétude.

On se souvient notamment du centre de Tajourah, touché par deux frappes aériennes, en juillet, qui ont contraint son évacuation. Par la suite, d'autres centres ont du également être évacués. Aujourd'hui encore, la situation s’est encore aggravée sur le terrain, comme l’explique, Caroline Gluck, porte-parole du HCR Libye qui était de passage à Paris.

« La peur est toujours là et ça devient de plus en plus dangereux pour tout le monde en Libye, aussi bien pour les familles libyennes – 150 000 personnes ont été déplacées depuis avril dernier - que pour les demandeurs d'asile et les réfugiés, bien sûr. Cette population était déjà très vulnérable dans le pays car sans documents administratifs, c'est difficile pour eux de trouver un logement ou de trouver du travail. Ils risquent toujours d'être arrêtés et maintenus en détention », souligne Caroline Gluck.

« La Lybie n’est pas un pays d’asile »

Avec le conflit qui empire actuellement, particulièrement sur le terrain, la situation humanitaire s’est aggravée, tout comme la situation sécuritaire, rapporte la porte-parole du HCR Libye.

« C'est encore plus dur pour eux [les réfugiés et les demandeurs d’asile] de nous atteindre pour obtenir de l'aide et c'est encore plus dur pour le HCR et ses partenaires de les atteindre. Nous continuons de souligner que la Libye n'est pas un pays d'asile. Ce n'est pas un pays sûr », a ajouté Caroline Gluck.