Migrants : au Sénégal, un deuil numérique pour les disparus en mer

Par Clémence Cluzel, à Dakar
·1 min de lecture
C'est sur des pirogues comme celles-là que des jeunes affrontent l'océan Atlantique vers les Canaries. 
C'est sur des pirogues comme celles-là que des jeunes affrontent l'océan Atlantique vers les Canaries.

La route des migrations charrie son lot de drames avec la disparition de milliers de jeunes Africains dans les eaux de l'Atlantique et de la Méditerranée. Parmi les pays les plus touchés, il y a le Sénégal, duquel de nombreuses embarcations partent en direction des îles Canaries notamment. Ces trois dernières semaines, ce sont pas moins de quatre cents jeunes qui sont morts à la suite de naufrages. Révoltées par le silence qu'elles assimilent à une inacceptable indifférence, certaines populations se sont mobilisées vendredi dernier, 13 novembre, date sinistre qui sous les cieux français rappelle les attentats qui ont frappé le Bataclan, le Stade de France et des cafés des 10e et 11e arrondissements de Paris. Objectif : organiser une journée de deuil numérique en hommage à tous les malheureux jeunes avalés par la mer sur la route de l'émigration clandestine.

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Deuil et polémique

En signe de « recueillement numérique » à l'endroit des victimes, le choix a été fait de publier sur les réseaux sociaux des photos de profils, des images sombres, un homme en pleurs, une bougie ou un linceul blanc enveloppant un corps au centre d'une pirogue. Pour appuyer les hommages et témoigner de la tragédie de la migration irrégulière, de nombreux hashtags ont été utilisés : #LeSenegalenDeuil #DeuilNationalSN par exemple.

À l'origine de cette mobilisation numérique, Pape Demba Dione, jeune de 28 ans, a lancé l'idée de ce deuil nu [...] Lire la suite