Migrants à Calais: les deux militants en grève de la faim annoncent la fin de leur action

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Les militants associatifs Anaïs Vogel et Ludovic Holbein le 13 novembre 2021 à Calais (AFP/FRANCOIS LO PRESTI)

Les deux militants associatifs de Calais en grève de la faim depuis le 11 octobre en soutien aux migrants ont annoncé mercredi lors d'une conférence de presse la fin de leur action.

"Nous ne sommes plus en capacité de lutter à travers la grève de la faim. C'est pourquoi nous avons décidé aujourd'hui d'y mettre un terme", ont déclaré Anaïs Vogel et Ludovic Holbein.

Ils avaient entamé leur jeûne pour dénoncer le traitement "inhumain" infligé aux migrants et réclamer un moratoire sur les démantèlements de camps, avec un prêtre de 72 ans, Philippe Demeestère, qui avait lui recommencé à s'alimenter après 25 jours.

"Nous sommes fatigués et en colère. Nous ne sommes pas écoutés. Le dialogue est fermé", a déclaré Ludovic Holbein, pull en laine, bonnet noir et épaisse barbe grisonnante.

Les larmes aux yeux, amaigrie, Anaïs Vogel a ensuite affirmé qu'elle avait "honte des hommes et des femmes politiques qui nous gouvernent".

Le gouvernement avait rapidement dépêché un médiateur sur place, le patron de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (Ofii) Didier Leschi, pour tenter d'apaiser la situation.

Ce dernier leur avait demandé le 10 novembre, après plusieurs rencontres avec eux et des associations, de cesser leur grève.

"Nous avons remédié à la question des effets personnels des migrants, en mettant fin aux évacuations par surprise. Ils ont désormais un délai pour les récupérer. Nous avons répondu à la demande d'un dialogue citoyen", avec un comité qui réunit associations et services de l’État, avait notamment énuméré l'émissaire gouvernemental.

Un "centre d'accueil" pour la nuit a également été ouvert de manière temporaire, mais fermé depuis. Les exilés sont désormais conduits vers de nouvelles places d'hébergement: 150 dans le Pas-de-Calais et 150 en dehors, selon un communiqué mercredi de la préfecture.

Depuis des années, des migrants affluent sur le littoral des Hauts-de-France dans l'espoir de rallier le Royaume-Uni, avec une envolée depuis 2020 des traversées à bord de petites embarcations.

Selon le Royaume-Uni, 22.000 migrants ont réussi à rallier l'Angleterre depuis janvier. Le bilan humain s'élève à trois morts et quatre disparus.

Le traitement des exilés cristallise les critiques des associations et responsables humanitaires, ainsi que d'élus.

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