Midterms aux États-Unis: ce qu'il faut retenir de la nuit électorale

Midterms aux États-Unis: ce qu'il faut retenir de la nuit électorale
Des supporters du candidat républicain Ron DeSantis lors de l'annonce des résultats pour le poste de gouverneur de Floride, le 8 novembre 2022. - Giorgio Viera
Des supporters du candidat républicain Ron DeSantis lors de l'annonce des résultats pour le poste de gouverneur de Floride, le 8 novembre 2022. - Giorgio Viera

Un scrutin serré et capital. Alors que les élections de mi-mandat, qui se sont tenues mardi aux Etats-Unis, sanctionnent traditionnellement le parti au pouvoir outre-Atlantique, les républicains, portés par un Donald Trump qui s'imagine déjà candidat en 2024, ont finalement remporté une victoire en demi-teinte. BFMTV.com récapitule les points importants du scrutin.

• Une nuit moins flatteuse que prévu pour Trump

Une prise de parole un poil précoce. Avant même l'annonce des résultats officiels, l'ancien président Donald Trump, qui s'est lancé à corps perdu dans la campagne de ces élections, s'est réjouit des "chiffres extraordinaires" du camp républicain, assurant que celui-ci peut se targuer de "80 victoires et trois défaites."

Pourtant, au fil de la soirée, les espoirs républicains d'une "vague" au Congrès semblent s'éloigner. Si le parti devrait bel et bien reprendre la Chambre des représentants, la conquête du Sénat est loin d'être gagnée après la victoire du démocrate John Fetterman en Pennsylvanie face à un candidat trumpiste, dans un scrutin à couteaux tirés et décisif.

En revanche, les républicains peuvent se targuer d'avoir décroché le poste de sénateur de l'Ohio, très convoité, après la victoire de J.D Vance, l'un des poulains du milliardaire républicain. Le contrôle de la chambre haute du Congrès dépendra de quelques États-clé, comme la Géorgie, l'Arizona, où les compétitions étaient serrées.

Dans l'attente des résultats officiels, les enquêtes d'opinion prédisent bien une large victoire des républicains à la Chambre des représentants, un scénario classique dans la politique américaine, où les "midterms" tournent souvent à la sanction pour le parti de la Maison Blanche. Cependant, la "vague géante" rouge - la couleur des républicains - promise par Donald Trump, ne s'est pas encore matérialisée tant les démocrates sont parvenus à limiter la casse.

• Le camp démocrate se réjouit des résultats

Au fil des résultats officiels, plusieurs cadres du camp démocrate se sont exprimés et réjouis de leurs scores. C'est le cas de la présidente de la Chambre des représentants Nancy Pelosi, elle-même réélue, qui a assuré que les candidats de son camp "surpassent fortement les attentes à travers le pays."

"Alors que les États continuent de compiler leurs résultats finaux, chaque vote doit être compté comme exprimé. Un grand merci à nos bénévoles pour permettre à chaque électeur d'avoir son mot à dire dans notre démocratie", a-t-elle ajouté auprès de CNN.

• Une centaine de "négationnistes de 2020" élus

Plus d'une centaine de candidats républicains qui remettent en cause le résultat de la présidentielle de 2020 ont été élus ce mardi, selon les projections des médias américains. Certains des candidats qui soutenaient ces théories propagées par Donald Trump ont cependant été battus, comme le candidat au poste de gouverneur de Pennsylvanie, Doug Mastriano.

Ces accusations infondées concernant de supposées fraudes massives lors de l'élection de 2020 se sont diffusées au sein du parti républicain à la faveur des déclarations à répétition de l'ancien président, qui ne reconnait toujours pas sa défaite face au démocrate Joe Biden.

Ce type d'accusations pourrait-il se reproduire pour les midterms de ce mardi? Donald Trump a dénoncé sur son réseau social Truth Social de supposées anomalies touchant des bureaux de vote dans plusieurs États. Il a en effet affirmé que l'Arizona, Pennsylvanie et Michigan ont fait l'objet d'irrégularités. Des accusations qu'ont réfuté plusieurs responsables locaux.

• Le droit à l'avortement à l'honneur

C'est un autre enjeu des midterms. Selon CNN, plusieurs États ont voté en faveur de la protection du droit à l'avortement.

C'est le cas en Californie, où le "oui" à un amendement de la Constitution californienne pour dire que "l'État ne doit pas nier ou interférer avec la liberté reproductive d'un individu dans ses décisions les plus intimes, ce qui inclut son droit fondamental de choisir de se faire avorter et son droit fondamental de choisir ou de refuser des contraceptifs" l'a emporté.

Le Michigan a fait le même choix, en permettant d'inscrire le droit à l'avortement dans sa constitution, tout comme le Vermont.

• Ron DeSantis, rival républicain de Trump, réélu en Floride

Ron DeSantis. Ce nom, peu connu en France, risque bien de faire de l'ombre à Donald Trump au cours des prochains mois. Le gouverneur républicain de Floride, à l'origine de la très controversée loi "Dont say gay", a été nettement réélu à la tête de ce swing state.

Étoile montante de la droite dure, le quadragénaire a récemment fait polémique en revendiquant l'envoi d'avions de migrants vers Martha's Vineyard, île huppée du nord-est des Etats-Unis. Ancien militaire à l'image lisse de père de famille, il offre un contraste marqué avec le style tempétueux de Donald Trump - qui l'a récemment surnommé "Ron-la-Morale".

Les deux hommes risquent de se recroiser lors de la primaire du Parti républicain pour l'élection présidentielle de 2024.

• Des victoires symboliques pour le Parti démocrate

Le nouveau visage du Congrès américain s'accompagne de nouvelles têtes pour les deux grands partis du pays. S'agissant des démocrates, l'élection de Maxwell Frost, 25 ans, à la Chambre des représentants marque l'arrivée de la "génération Z" (génération née entre 1997 et 2010, NDLR) au Congrès.

"On a écrit l'Histoire pour les Floridiens, les 'Gen Z', et pour tous ceux qui croient en un meilleur futur", a notamment tweeté celui qui se bat notamment pour mettre fin aux violences commises par arme à feu.

Autre victoire hautement symbolique: celle de Maura Healey. Cette procureure générale du Massachusetts a été élue mardi gouverneure de ce même État. Elle devient par conséquent la première femme à occuper ce poste dans le Massachussetts, et la première femme ouvertement lesbienne à accéder à la fonction de gouverneure aux États-Unis.

"Ce soir je veux dire quelque chose à chaque petite fille et à chaque jeune personne LGBTQ (lesbienne, gay, bi, transgenre ou queer): j'espère que ce soir vous montre que vous pouvez être tout ce que vous voulez. Ce soir nous avons fait quelque chose d'historique", a-t-elle lancé devant ses partisans lors d'un rassemblement à Boston.

Article original publié sur BFMTV.com