Midterms aux États-Unis : des candidats LGBT+ dans les 50 États, une première fois

Joe Biden et la candidate démocrate et ouvertement lesbienne Tina Kotek au poste de gouverneure de l’Oregon, lors d’un meeting à Portland (Etats-Unis), le 14 octobre 2022.
SAUL LOEB / AFP Joe Biden et la candidate démocrate et ouvertement lesbienne Tina Kotek au poste de gouverneure de l’Oregon, lors d’un meeting à Portland (Etats-Unis), le 14 octobre 2022.

ÉTATS-UNIS - C’est une année hors du commun. En 2022, il n’y a jamais eu autant de candidats LGBT+ à des élections aux États-Unis. Pas moins de 1065 personnes identifiées comme telles ont été ou seront candidates à des scrutins cette année. Le point d’orgues ce sont bien évidemment les élections de mi-mandats, où pour la première fois dans l’histoire des États-Unis, des personnes lesbiennes, gays, bi ou trans sont candidates aux élections de mi-mandat dans chacun des 50 États américains, selon une analyse menée par le LGBTQ Victory Fund, qui aide à financer ces campagnes.

Sur le chiffre de 1065, quelque 678 personnes LGBTQ sont candidates aux élections du 8 novembre, scrutin lors duquel les Américains renouvelleront l’ensemble des sièges de la Chambre américaine des représentants et un tiers du Sénat. Toute une série de postes de gouverneurs et d’élus locaux sont également en jeu.

C’est une augmentation de près de 20% par rapport à la dernière élection, Un record qui pourrait modeler le paysage politique du pays.

90% de démocrates

Parmi les candidatures notables : les démocrates Tina Kotek et Maura Healey pourraient devenir les premières gouverneures lesbiennes de leurs États respectifs, l’Oregon et le Massachusetts. Et dans l’État du Vermont, frontalier du Canada, Becca Balint a de grandes chances de devenir la première lesbienne de cet État élue à la Chambre des représentants. Environ 90% de ces candidatures émanent du camp démocrate.

Pour Annise Parker, ancienne maire de la ville texane de Houston et à la tête du LGBTQ Victory Fund, ce nombre record de candidatures, validées par des primaires, est une réaction des électeurs américains « aux attaques sans relâche visant la communauté LGBT cette année ».

Depuis quelques années, les propositions de loi visant à restreindre les droits des personnes transgenres ou à limiter l’enseignement des questions liées à l’homosexualité à l’école essaiment en effet à travers le pays.

Craintes des ONGs de lois visant à restreindre les droits LGBT+

En mars, le gouverneur républicain Ron DeSantis, une des figures de proue des conservateurs américains, pressenti pour être candidat à la prochaine élection présidentielle, a ainsi signé une loi interdisant d’enseigner des sujets liés à l’orientation sexuelle ou l’identité de genre à l’école primaire. Le texte controversé est surnommé « Don’t say gay » (« Ne parlez pas des gays ») par ses détracteurs.

Selon l’association Human Rights Campaign (HRC), plus grande organisation américaine de défense de la communauté LGBTQ, plus de 340 de ces lois ont été présentées dans des assemblées locales à travers le pays.

Nombre d’ONG craignent que des projets de lois similaires soient débattus au Congrès américain si les républicains venaient à s’emparer de la Chambre des représentants lors des élections de mi-mandat. Des textes de cet acabit ont déjà été présentés par des élus conservateurs. Les homophobes « veulent que nous restions chez nous en silence, mais leurs attaques se retournent contre eux et ont au contraire incité une nouvelle vague de leaders LGBTQ à se présenter aux élections », assure Annise Parker.

Bloc électoral

Cette offensive conservatrice pourrait aussi bientôt être neutralisée grâce au nombre grandissant d’électeurs LGBTQ. Selon le HRC, les personnes LGBTQ sont l’un des blocs électoraux à la croissance la plus rapide, ce qui devrait « fondamentalement remodeler le paysage électoral américain ». Aujourd’hui, un électeur américain sur 10 est une personne LGBTQ, mais ce chiffre devrait passer à un sur sept d’ici 2030.

« Des moments comme ceux-ci peuvent contribuer à un changement sociétal et institutionnel plus global », souligne Julia Himberg, professeure à l’université d’Etat de l’Arizona. L’experte met toutefois en garde contre le fait de tirer des conclusions générales d’une seule élection. « Le changement systémique nécessite du temps et de la volonté. Il faut donc être prudent », a-t-elle déclaré à l’AFP.« Ce cycle électoral est déterminant, mais c’est aussi un moment particulier qui, dans les faits, pourrait aussi ne pas aller au-delà », a-t-elle estimé.

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