Midterms : il était deux fois l’Amérique

COURRIER INTERNATIONAL

Irréconciliables, au bord de la désunion, voire de la sécession, tout proches de la rupture en tout cas : à la veille des élections de mi-mandat, mardi 8 novembre, les Américains paraissent plus divisés que jamais. Et on voit mal ce qui pourrait d’ici là – et encore moins après le scrutin –, sinon les réconcilier, du moins les rapprocher.

Le mal est fait et il est profond, à en croire la presse américaine. L’avortement, le contrôle des armes à feu, l’immigration, l’économie, l’écologie, l’aide à l’Ukraine… Tout divise démocrates et républicains, au point que le New York Times évoquait récemment “deux nations distinctes appliquant des politiques sociales, environnementales et de santé diamétralement opposées”. Preuve de ce fossé qui se creuse d’un bout à l’autre des États-Unis, de très nombreux citoyens (et des entreprises) font le choix de déménager vers des États plus proches de leurs idées.

Un pays, deux nations, en quelque sorte : la bleue (couleur des démocrates) et la rouge (couleur des républicains). Et les clivages sont aussi bien politiques que culturels. Voilà le tableau très sombre que nous dressons dans le dossier de cette semaine. À terme, c’est la démocratie américaine qui est en jeu, et c’est pourquoi le résultat des midterms sera scruté avec une si grande attention.

Deux ans de zizanie en vue ?

Dans moins d’une semaine, si l’on en croit les sondages, la Chambre des représentants pourrait passer aux mains des républicains. Dès lors, on peut s’attendre à deux ans de zizanie à Washington, explique le Los Angeles Times. D’autant que, parmi les futurs élus, on compte certains des éléments les plus radicaux du Parti républicain, qui feront tout pour s’opposer à Joe Biden et l’empêcher de gouverner.

Voire pis, s’alarme The Nation, qui se projette déjà vers l’élection présidentielle de 2024. “Jamais, écrit le quotidien de gauche, depuis la veille de la guerre de Sécession, lorsque le militantisme sudiste était à son paroxysme, on n’avait vu autant de candidats à des postes importants nier la légitimité du système électoral américain.” On les appelle les deniers, un mot que nous avons choisi de traduire par “négateurs”. Pour eux, en 2020, l’élection a été volée à Donald Trump. Et ils n’ont qu’une idée : prendre leur revanche. “Le 6 janvier [2021] n’était qu’une mise en jambes”, estime ainsi un chercheur cité par le magazine.

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