Micros coupés, recadrages... Yaël Braun-Pivet à l'épreuve du feu pour les premières questions au gouvernement

Yaël Braun-Pivet, présidente de l'Assemblée nationale, ici le 6 juillet 2022 - Bertrand GUAY / AFP
Yaël Braun-Pivet, présidente de l'Assemblée nationale, ici le 6 juillet 2022 - Bertrand GUAY / AFP

Un baptême de feu pour la Première ministre d'abord, pour la présidente de l'Assemblée nationale, ensuite. Autant qu'Élisabeth Borne, Yaël Braun-Pivet était scrutée ce mardi pour sa première session des "questions au gouvernement" à l'Assemblée nationale.

Un exercice que la favorite au premier siège de l'hémicycle -élue avec 242 voix le 28 juin dernier et première femme à occuper ce poste- a mené d'une main de fer, dans une ambiance électrique.

Un recadrage...

Dans une posture affirmée au Perchoir, l'ancienne tête de la commission des Lois sous la précédente mandature s'est démarquée à plusieurs reprises. Notamment lorsqu'elle a rappelé à l'ordre la députée de la Nupes, Danielle Simonnet, coupable d'avoir fait une entorse au protocole en ne l'ayant pas saluée.

“Madame Simonnet, je vous parle! Je vous précise qu'avant toute prise de parole il est d'usage de saluer la présidence dans cet hémicycle”, a-t-elle froidement fait remarquer à sa collègue de la France insoumise qui venait d'interpeller le ministère de l'Économie sur l'affaire des "Uber flies".

Quelques minutes après ce recadrage, elle a glissé au milieu du chahut des députés de la gauche: "Si vous n’écoutez pas la réponse, je ne vois pas l’intérêt de la séance".

... Qui lui vaut les foudres de la Nupes

La séquence n'a pas plu aux députés de la Nupes qui l'ont fait savoir sur les réseaux sociaux. Danielle Obono a fustigé une "maîtresse d'école imbue d'elle-même" pendant que Mathilde Panot pointait une présidente qui s'"offusque".

Les deux femmes, à l'instar de plusieurs observateurs de cette première session mouvementée, s'étonnent que ces remontrances n'aient pas été adressée à Marine Le Pen passée quelques minutes plus tôt en ouverture du bal.

"Quand c'est Le Pen qui ne s'embarrasse pas de salamalecs, ça passe crème. Il ne faudrait pas froisser son alliée fasciste, n'est-ce pas? Hypocrite!", a cinglé la députée de Paris dans un tweet.

"Double standard en Macronie!", a fustigé la présidente du groupe LFI à l’Assemblée.

Respect du temps de parole, même pour les ministres

La députée des Yvelines a tenu à ce que chaque intervenant respecte scrupuleusement son temps de parole. Et pour ce faire, n'a pas hésité à couper les micros de ceux qui l'excédaient.

Pour sa première tentative à l'exercice, la socialiste du Finistère fraîchement élue, Mélanie Thomin, en a fait les frais. Tandis qu'elle posait une question au nouveau ministre de la Santé, François Braun, la militante de longue date au PS n'a pas pu terminer son allocution sur la situation des soignants à l'hôpital.

Sur cette contrainte, Yaël Braun-Pivet a logé tout le monde à la même enseigne. Un peu plus tard, c'est au tour de ministre délégué chargé des Comptes publics, Gabriel Attal, pourtant rodé à l'exercice, de finir en parlant dans le vide.

"Vous avez six secondes monsieur le ministre", a-t-elle déclaré à l'ancien porte-parole du gouvernement chargé de rétorquer au Républicain Jean-Pierre Taite sur le prix des carburants.

"Je vous remercie, je vous remercie!", a-t-elle répété une fois le temps écoulé, avant de couper le micro de Gabriel Attal qui n'a pas pu délivrer les derniers chiffres des dépenses du gouvernement en matière d'essence.

"On n'est pas dans une manifestation"

Le Rassemblement national a lui aussi fait les frais des recadrages de la présidente de l'Assemblée nationale lorsqu'a été abordé le sujet des difficultés dans la Police nationale.

"Mes chers collègues, on n’est pas dans une manifestation, on est à l’Assemblée nationale", s'est-elle exclamée à leur encontre après qu'une réponse cinglante de Gérald Darmanin à un député RN a provoqué des remous à l'extrême droite de l'hémicycle.

Quelques minutes avant cette première mise en situation au Palais Bourbon, celle qui a fait un passage furtif aux Outre-Mer avant d'être élue au Perchoir a publié sur son fil Twitter une photo d'elle aux côtés du nouveau ministre des Relations avec le Parlement.

"Nous devons instaurer une nouvelle méthode de travail et de dialogue entre le Parlement et le Gouvernement, au service des Français", a-t-elle déclaré à cette occasion avant d'ajuoter: "Au travail avec Franck Riester, je formulerai des propositions au nom de l’Assemblée nationale".

"Le dialogue sera au cœur de notre vie démocratique", a-t-elle également prévenu. À l'opposition de se faire un avis sur la température de ce premier bain.

Article original publié sur BFMTV.com

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