Comment les micro-organismes se préparent pour la "guerre oxydative"

Si vis pacem, para bellum. Cette locution latine, qui signifie "si tu veux la paix, prépare la guerre" paraît avoir été apprise par certains micro-organismes. Une étude de l’Université de Cambridge et l’Institut Francis Crick, au Royaume-Uni, vient de mettre en évidence comment des levures et des bactéries profitent des moments d’abondance de lysine pour faire des stocks qui leur permettront de se défendre en cas de stress oxydatif. Leurs résultats ont été publiés dans le journal scientifique en juillet 2019.

Faire des stocks de défense pour les crises à venir

"Les nutriments ne sont pas seulement importants pour grandir, ils peuvent aussi servir à se défendre", explique Markus Ralser, spécialiste en biologie moléculaire du métabolisme à l’Institut Francis Crick. Avec son équipe, ce chercheur a mis en évidence comment les micro-organismes utilisent la lysine, un acide aminé nécessaire à leur croissance, pour se défendre du stress oxydatif : "Les organismes que nous avons étudié (levures et bactéries, ndlr) changent leur métabolisme en profitant d’une abondance de lysine, explique le chercheur. Normalement, ils peuvent synthétiser cet acide aminé, mais ce processus consomme du NADPH, une molécule nécessaire aussi pour la production de l’antioxydant glutathion ; en capturant de la lysine présente autour, ils économisent leur NADPH et l’utilisent pour faire un stock de glutathion."

Le stress oxydatif survient quand la cellule est agressée par des espèces réactives de l’oxygène (ou radicaux libres) : des molécules instables très toxiques car elles "oxydent" d’autres molécules, c’est-à-dire qu’elles leur volent un électron, les rendant instables à leur tour. Ce stress oxydatif peut être causé par plusieurs types de stress cellulaires ainsi que par des mécanismes d’attaque ou de défense fréquents chez les micro-organismes. L'une de ces molécules toxiques est le peroxyde d’hydrogène que nous utilisons comme désinfectant sous le nom [...]

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