"Michel Piccoli, un homme discret, pudique et très engagé à gauche", se souvient le maire de Saint Philibert-sur-Risle où le comédien s'était installé il y a quarante ans

Le château de la Cour de Saint-Philbert-sur-Risle semble immuable au milieu des arbres verdoyants. C'est ici, dans ce petit village de l'Eure de 900 habitants, que Michel Piccoli avait choisi de s'installer il y a 40 ans. C'est dans ce havre de paix et d'amour, entouré de sa femme Ludivine Clerc et de ses enfants Inord et Missia que le comédien, âgé de 94 ans, s'en est allé le 12 mai dernier. Le maire du village normand, Francis Courel, se souvient d'un homme discret, pudique et très engagé à gauche.Saint-Philibert-sur-Risle : une histoire d'amour C'est à la fin des années 1970 que Michel Piccoli découvre Saint-Philbert-sur-Risle. Il tombe amoureux de Ludivine Clerc, une jeune scénariste originaire du village. Il décide de l'épouser le 8 juillet 1978 dans la mairie de la commune. Le couple adopte ensuite, Inord et Missia, deux enfants d'origine polonaise. Le comédien venait souvent se ressourcer au château de la Cour, surtout ces dernières années. Discret, il n'en restait pas moins impliqué dans la vie du village. En 1985, Michel Piccoli était venu inaugurer une fresque dédiée à Victor Hugo dans l'école communale. Le comédien avait alors "abandonné tournage et caméras pour descendre au château de la Cour se souvient encore Francis Courel et avait conté Les Choses Vues, de Victor Hugo." Complices de gauche Ancien compagnon de route du Parti communiste, Michel Piccoli qui se déclarait "passionnément de gauche", s'est engagé dans divers combats de société, en France comme à l'étranger, notamment contre le racisme et le "capitalisme débridé". Des engagements politiques qu'il partageait avec le maire de Saint-Philbert-sur-Risle. "Il m'est arrivé de le croiser à la maison de la presse de Montfort-sur-Risle le dimanche matin. Un simple regard nous rendait notre complicité. Il achetait Le Monde et Libé et moi j'achetais Le Monde et L'Humanité. Michel Piccoli a été non seulement un immense acteur, profondément humain mais il a surtout été un militant, un compagnon des forces de gauche", se souvient Francis Courel, maire du village divers gauche depuis 1989.