Michel Guérard : "Le jour où je rencontre l'amour chez Régine"

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Mes parents, bouchers en Normandie, s’impatientent : leur fils de 39 ans a deux étoiles au Michelin mais il n’est toujours pas marié. Quelques violons et balalaïkas 
plus tard, l’amour va bouleverser mon cœur et mon avenir professionnel.

Le téléphone sonne dans mon bistrot-restaurant d’Asnières, Le Pot-au-feu. « Michel, je suis embêté, m’explique mon ami Pierre Troisgros, j’avais promis à je ne sais plus quel Relais & Châteaux de province de prendre leur jeune chef en stage et j’ai oublié. Pourrais-tu me dépanner ? » J’accepte. Nous sommes en 1972. Cinq mois passent, une femme m’appelle : « Bonjour, je suis Christine Barthélémy, vous avez eu la gentillesse d’accueillir mon chef chez vous, j’aimerais vous remercier de vive voix. » Comme je finis tard, je lui propose de me rejoindre après le dîner au Reginskaïa, le cabaret que possède Régine sur les Champs-Elysées. Régine m’a demandé d’y mettre en place une cuisine, russe qui plus est, ce qui m’amuse beaucoup.

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C’est l’époque folle où je dors trois heures par nuit, où je file du cabaret aux halles, encore à Paris, pour choisir mes produits. Mon enthousiasme est tel qu’il me porte. Je suis célibataire et pas malheureux de l’être. Je n’ai pas encore rencontré la bonne personne, c’est tout. Est-ce le mélange des genres ? Le lieu, la décoration très réussie, les violons, les balalaïkas, la vision de cette femme de 27 ans aux longs cheveux assise à m’attendre ? Le fait est que l’ensemble me va droit au cœur. Elle me parle de son père, Adrien Barthélémy, un autodidacte de génie, fils d’un paysan aveyronnais, qui n’a cessé d’entreprendre et a créé la Chaîne thermale du soleil. Elle me raconte son parcours, ses études à HEC et sa récente décision, au retour d’une expérience dans la banque au Mexique, de seconder son père à Eugénie-les-Bains. Même si je me demande pourquoi une femme de sa qualité peut s’intéresser à un petit cuisinier comme moi, je suis ravi(...)


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