Michel Fourniret: la gendarmerie lance un appel à témoins

Justine Chevalier
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Un appel à témoins concernant Michel Fourniret et Monique Olivier lancé par la gendarmerie, le 12 novembre 2020. - BFMTV
Un appel à témoins concernant Michel Fourniret et Monique Olivier lancé par la gendarmerie, le 12 novembre 2020. - BFMTV

La justice et les enquêteurs cherchent à savoir si Michel Fourniret est impliqué dans d'autres meurtres et disparitions. La gendarmerie a lancé ce lundi un appel à témoins pour tenter de recueillir de nouvelles informations sur le tueur en série et son ex-épouse Monique Olivier pouvant être utiles à des "enquêtes judiciaires en cours".

"Dans ce contexte, si vous avez vu ou pensez avoir vu M. Fourniret et Mme Olivier (ensemble ou séparément) et que vous êtes en mesure de situer le lieu et la période, merci de contacter les services concernés à l’adresse mail suivante ou par courrier à la boîte postale dédiée", écrit la gendarmerie dans son appel à témoins, sur lequel figure des photos du couple à différentes époques.

Des doutes sur "la période blanche" du tueur

Ces éléments sont à communiquer sur l'adresse mail infos-fourniret@gendarmerie.interieur.gouv.fr ou par courrier à l'adresse INFOS-FOURNIRET BP 40000 95026 Cergy-Pontoise Cedex. Les enquêteurs vérifieront toutes les informations fournies, notamment si elles paraissent incertaines.

"Toute information même anodine est susceptible de faire avancer l’enquête et d’aider les victimes et leurs familles", insiste la gendarmerie.

La justice s'interroge sur le parcours meurtrier de Michel Fourniret et notamment cette période "blanche" entre 1990 et 2000 pendant laquelle aucun crime n'a pu être imputé au tueur en série, alors que ce dernier a été condamné pour le meurtre de sept jeunes femmes entre 1987 et 2001. Il a été condamné une nouvelle fois en 2018 pour la disparition de la femme de son ancien co-détenu en 1988.

D'autres meutres avoués

Avec cet appel à témoins, les enquêteurs veulent notamment faire "parler" la dizaine d'ADN inconnus ont été retrouvés sur un matelas saisi en 2003 dans la maison de la sœur défunte de Michel Fourniret à Ville-sur-Lume, dans les Ardennes. Ces ADN vont être par ailleurs comparés à ceux des personnes disparues ou tuées. L'ADN d'Estelle Mouzin, disparue le 9 janvier 2003 à Guermantes, en Seine-et-Marne, avait été retrouvé sur ce matelas.

Depuis sa dernière condamnation, Michel Fourniret a reconnu trois meurtres. En février 2018, il a reconnu ceux de Joanna Parrish et Marie-Angèle Domece. La première, une assistante d'anglais, a été retrouvée morte le 17 mai 1990 à Moneteau dans l'Yonne. La seconde, une jeune handicapée mentale, a disparue le 8 juillet 1988, son corps n'a jamais retrouvé.

Des enquêtes toujours en cours

Dernièrement, l'enquête sur la disparition d'Estelle Mouzin a fait un grand pas en avant. Monique Olivier, l'ancienne femme et complice du tueur, a mis en cause son alibi avant d'avouer devant la juge d'instruction Sabine Khéris, que Michel Fourniret avait enlevé et tué la petite fille. Ce dernier a par la suite reconnu les faits.

La magistrate doit par ailleurs l'interroger sur le dossier Lydie Logé, une jeune femme de 29 ans portée disparue depuis décembre 1993 à Saint-Christophe-le-Jojolet, dans l'Orne. Michel Fourniret et son ex-femme ont été placés en garde à vue pour cette affaire en novembre 2019 dans les locaux de l'ORCVP, l'office central de répression de violences aux personnes. La découverte de ces ADN sur le matelas a fait également renaître l'espoir pour les familles de Cécile Vallin, qui s'est volatilisée en 1997 en Savoie, et de Marion Wagon qui a disparu en 1996 à Agen.

Article original publié sur BFMTV.com