Michael Augusto, le tiktokeur qui fait rire 360.000 internautes avec le confinement

Benjamin Pierret
·4 min de lecture
Michaël Augusto - Capture d'écran TikTok
Michaël Augusto - Capture d'écran TikTok

Avez-vous remarqué que vous observez moins scrupuleusement les gestes barrières qu'au début de la pandémie? Que la solitude de la Saint-Valentin s'est faite plus pregnante par temps de crise sanitaire? Que le retour au bureau après des mois de confinement s'est accompagné d'une petite remise à niveau? Michael Augusto, lui, n'est pas passé à côté de ces détails qui parsèment notre quotidien, chamboulé par le coronavirus. Et il les tourne en dérision dans ses courts sketches publiés sur TikTok, sous le pseudonyme @michaelaugustok. Ses vidéos font déjà rire près de 370.000 abonnés.

C'est qui?

Ne demandez pas son âge à Michael Augusto: "Pile la question à laquelle je ne réponds jamais!", lâche-t-il dans un éclat de rire lorsqu'on l'interroge par Zoom, pandémie oblige. Ce Parisien d'origine bourguignonne a tenté sa chance dans le milieu du cinéma, avant de devenir photographe professionnel: "Je boudais un peu la comédie depuis cinq ou six ans, parce que je n'arrivais pas à avoir suffisamment de tournages. J'ai fait des interventions dans des films en tant que figurant, silhouette, des petits rôles, mais je n'ai jamais décroché d’assez gros contrats. Je me suis tourné vers la photo, qui est une autre passion." Mais il y a pile un an, lorsque la France se barricade face au Covid, la comédie "s'impose" de nouveau à lui:

"TikTok, c'était le réseau social que tout le monde découvrait à l'occasion du premier confinement. J'avais plein de potes comédiens qui me disaient: 'Il faut qu'on fasse des choses nouvelles, qu'on en profite'. Je me suis vite aperçu que l'application permettait de créer des vidéos parodiques, faites maison. J'aime beaucoup ça, la parodie. Et même si je me concentrais sur la photographie, je n'avais pas oublié mes premières amours. J'y ai vu l'occasion d'y regoûter."

Il se lance avec une première vidéo dans laquelle il parodie Raiponce. Sur une chanson du dessin animé Disney, il retrace une journée de confinement-type. "Le film parle d'une princesse enfermée dans sa tour, c'était cohérent", explique-t-il. Ce coup d'essai est tout de suite concluant: les likes, les commentaires, les partages et les abonnements affluent.

C'est quoi?

En un an, Michael Augusto a publié environ 80 vidéos. Beaucoup tournent la crise sanitaire en dérision: "J'ai considéré que les gens avaient envie de rire de choses qui ne sont pas drôles. Et malheureusement, le coronavirus est une source d'inspiration perpétuelle. J'essaye de coller à cet esprit-là: regarder l'actualité, et tenter d'en rire." Dans l'une de ses dernières vidéos, Michael Augusto explore par exemple la manière dont notre rapport au masque a évolué sur les douze derniers mois:

Ce qui n'empêche pas le tiktokeur de varier son propos: premiers rendez-vous loupés, ratés culinaires ou encore goût pour la malbouffe, Michael Augusto s'éloigne régulièrement du Covid pour offrir des contenus différents à ses abonnés. Et si l'exercice a l'air facile, il représente un certain investissement:

"Ce qui me prend le plus de temps, c'est de trouver l'idée. Le tournage dure entre deux et trois heures, parce que j’aime bien travailler la lumière, faire en sorte que ce soit nickel. Il m'arrive de refaire dix fois la même scène: sur TikTok, ça va très vite et je veux que tout soit très précis. Ensuite il y a le montage, qui me prend entre deux heures et un après-midi entier."

Tout est tourné à l'iPhone, pour préserver une certaine spontanéité: "J’ai envie que les gens se disent: 'Je pourrais le faire, moi aussi'. Quand on sort les grands moyens, le contenu est trop sérieux. J’aime bien l’idée que ce soit léger. Si ça se ressent dans la réalisation, je me dis que ce sera encore plus léger dans la lecture."

Ce qu'il faut voir

Michael Augusto le constate lui-même: les vidéos qui traitent de la crise sanitaire sont celles qui marchent le mieux. "Les gens les partagent plus, parce que c'est vraiment leur quotidien", analyse-t-il. Mais il s'inspire de tout ce qui le fait rire, qu'il y ait un sous-texte pandémique ou pas:

"J’aime tout ce qui est comédie musicale, univers Disney, tout ce qui se rapporte à l’enfance. Plus ça va, plus j’ai l’impression d’être influencé par le cartoon. Quand j’étais petit c’était la grande période Jim Carrey, et je crois que ses mimiques et son jeu m'ont vraiment marqué."

Les commentaires de ses abonnés sont "toujours adorables", et sa nouvelle popularité sur le web lui a déjà ouvert quelques portes. Michael Augusto travaille avec des agences d'influence, grâce auxquelles il réalise des vidéos partenariat. Surtout, de nouvelles opportunités pourraient commencer à se profiler du côté artistique: "Mais rien de concret, alors je n'en parle pas." En attendant, l'aventure TikTok continue, même s'il est parfois confronté à l'angoisse de la page blanche. Notre interview, par écrans interposés à cause du Covid, avec en toile de fond, le bruit des travaux de son studio photo, pourrait en tout cas lui inspirer un sketch savoureux.

Article original publié sur BFMTV.com