Michèle Bernard-Requin, ex-magistrate en soins palliatifs, lance un cri d'alarme

Michèle Bernard Requin

SANTÉ - Ancienne grande magistrate, Michèle Bernard-Requin est aujourd’hui dans une unité de soins palliatifs de l’hôpital Sainte-Perrine à Paris. À la retraite depuis 2009, elle avait pris l’habitude d’écrire des chroniques dans Le Point, sur l’actualité judiciaire, mais ce lundi 9 décembre au soir c’est dans un tout autre registre qu’elle s’exprime.

Un cri d’alarme, mais aussi un cri d’amour, car Michèle Bernard-Requin rend hommage aux soignants de cette unité, qu’elle appelle “une île”. Évoquant les grèves et les luttes sociales qui agitent le pays, elle ajoute: “Maintenant, je comprends, enfin, le rapport des soignants avec les patients, je comprends qu’ils n’en puissent plus aller, je comprends, que, du grand professeur de médecine, qui vient d’avoir l’humanité de me téléphoner de Beaujon, jusqu’à l’aide-soignant et l’élève infirmier qui débute, tous, tous, ce sont d’abord des sourires, des mots, pour une sollicitude immense”. 

Alors que les internes sont appelés ce 10 décembre à entamer une grève illimitée, Michèle Bernard-Requin parle du “salaire insuffisant”, ” des horaires épouvantables”. L’ancienne magistrate évoque aussi les lits fermés récemment dans son unité faute de personnel alors que les arrêtés maladie augmentent “en raison de surcharge”. 

Surtout, ”à l’heure où tout se déshumanise, à l’heure où la justice et ses juges ne parlent plus aux avocats qu’à travers des procédures dématérialisées, à l’heure où le médecin n’examine parfois son patient qu’à travers des analyses de laboratoire”, l’ancienne magistrate veut remettre au centre “le rapport humain”.

”[C’est] tout ce qui nous reste, que notre pays, c’était sa richesse, hospitalière, c’était extraordinaire”,...

Retrouvez cet article sur le Huffington Post