Mexique: polémique après le passage de la sécurité publique sous la tutelle de l'armée

Le Sénat mexicain a approuvé vendredi 9 septembre une réforme passant la garde nationale, un corps formé en 2019 par l’actuel président Andrés Manuel López Obrador, sous le contrôle de l’armée, alors qu’il était jusque-là rattaché au ministère de la Sécurité. L’initiative vise à renforcer la lutte contre le narcotrafic, mais elle est dénoncée par l’ONU et par de nombreuses ONG, qui dénoncent une militarisation du pays et qui estiment que cette décision viole la Constitution.

La réforme a certes été adoptée, comme l’a annoncé vendredi le Sénat mexicain, mais elle ne suscite pas pour autant un véritable engouement. Ce changement a ouvert un débat, car une militarisation semblable du pays avait déjà été mise en place sous la présidence de Felipe Calderón entre 2006 et 2012. Et les résultats avaient été désastreux.

Si les 115 000 membres de la force sont principalement des militaires, elle dépendait jusqu'ici du ministère de la Sécurité, ayant ainsi un commandement civil. Le président s’est toutefois défendu de vouloir militariser le Mexique.

Selon le président, ce placement sous une nouvelle autorité ministérielle permettra à la garde nationale d'avoir « la tutelle, les conseils et l'exemple » du ministère de la Défense. Selon lui, l'armée est moins sujette à la corruption et jouit d'une plus grande popularité dans le pays.


Lire la suite sur RFI