Mexique: le maïs transgénique et le glyphosate désormais interdits, des symboles forts

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Au Mexique, le gouvernement a décidé de bannir le maïs transgénique et le glyphosate, une mesure pionnière en Amérique latine. Le décret signé par le président Andres Manuel Lopez Obrador invoque la défense du maïs mexicain, de la biodiversité et de la souveraineté alimentaire. Cette interdiction était réclamée depuis plusieurs années par les organisations environnementales et par les communautés paysannes indigènes.

Avec notre correspondante à Mexico, Emmanuelle Steels

Plus qu’une victoire des écologistes, l’interdiction du maïs transgénique est aussi un enjeu culturel et social au Mexique, terre d’origine du maïs, vénéré comme une plante sacrée par les Aztèques et les Mayas. Ici, quelque soixante variétés ont été sauvegardées.

Victor Chimal Ortiz est le porte-parole de la campagne « Sin maíz no hay país », « Sans maïs pas de pays », qui regroupe des organisations de la société civile et des universitaires. Selon lui, le décret qui fixe à 2024 l’élimination définitive du maïs transgénique au Mexique est l’aboutissement d’une longue lutte pour la défense du maïs originel, mais aussi pour les droits des communautés indigènes qui le cultivent. Même si le maïs génétiquement modifié n’était pas cultivé au Mexique, le pays en importe une grande quantité pour l’alimentation, comme l’explique Victor Chimal Ortiz :

« Autant le glyphosate que le maïs transgénique, qui sont d’ailleurs associés, sont présents dans l’alimentation des Mexicains. Le but est de retirer, progressivement le maïs transgénique de la production d’aliments industriels. »

Mais les représentants de l’industrie agro-alimentaire se sont insurgés contre l’interdiction progressive du glyphosate, qu’ils jugent indispensable à la survie du secteur.

Le texte, entré en vigueur en début d’année, fixe un délai de trois ans pour éliminer l’usage de l’herbicide controversé et pour mettre fin aux importations de maïs génétiquement modifié.