Mexique: l'ex-patron de Pemex passe à table et accuse l'ex-président Peña Nieto

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Accusé de corruption, l'ancien directeur de la compagnie nationale de pétrole mexicaine Emilio Lozoya a pour la première fois nommément accusé l’ancien président Enrique Peña Nieto et son ministre des Finances de l’époque. Selon lui, ils auraient perçu plus de 100 millions de pesos en pots-de-vin de la part de l’entreprise de BTP Odebrecht, au centre d’un gigantesque scandale de corruption qui touche toute la région.

Avec notre correspondante à Mexico, Alix Hardy

Selon Emilio Lozoya, qui confirme les dires d’anciens cadres d’Odebrecht devant la justice, les pots-de-vin versés auraient servi à payer la flamboyante campagne électorale de Peña Nieto en 2012.

L’ancien directeur de Pemex assure également qu’il a été chargé par le président et son ministre des Finances de verser des dessous de table à plusieurs parlementaires pour assurer le vote de réformes structurelles du président durant son mandat.

Selon le procureur général, Lozoya a étayé une partie de ses déclarations à l’aide de reçus et d’une vidéo, citant également quatre témoins.

À la suite de cette audition, le parquet mexicain a annoncé l’ouverture d’une enquête déclarant que si les preuves avancées étaient validées, toutes les personnes impliquées seraient citées à comparaître.

C’est la première fois qu’une enquête de cette ampleur est ouverte contre une administration frappée par de nombreux scandales de corruption.

Extradé mi-juillet vers le Mexique après des mois de cavale en Europe, Emilio Lozoya a accepté de collaborer avec la justice mexicaine. Il a désormais six mois pour prouver qu’il a agi sous la contrainte d’un système de pouvoir organisé comme il l’affirme, dans l’espoir que le réseau de corruption qu’il contribuera à faire tomber sera d’une ampleur suffisante pour acheter son immunité.