Meurtre de Samuel Paty : "Le bataille de responsabilités est en décalage avec les attentes de la population"

·2 min de lecture

Chloé Morin, experte associée à la Fondation Jean-Jaurès, co-fondatrice de Societing, analyse pour Paris Match la réception par la population des polémiques liées au meurtre de Samuel Paty. 

Avant même que la Nation tout entière n’ait rendu hommage à Samuel Paty, les polémiques s’étalaient dans les médias. Débats sur les causes, mais surtout à propos des responsables – et à ce titre, on a parfois pu avoir le sentiment que l’on parlait autant des « islamo-gauchistes » que des islamistes eux-mêmes.

Cette bataille de responsabilités semble en décalage flagrant avec les perceptions et les attentes de la majorité de la population : interrogés sur le sujet, ils n’ont guère de doutes sur le fait que la montée de l’islamisme politique a été favorisée par une somme de renoncements collectifs – responsabilité que bien peu de responsables politiques et influenceurs ont pourtant mise en avant ces derniers jours, trop heureux de trouver à se dédouaner à travers quelques figures ayant perdu leur boussole républicaine depuis longtemps.

Les Français interrogés n’ont par ailleurs guère d’illusion sur le rôle qu’ont pu jouer une partie de la classe politico-intellectuelle, par idéologie ou clientélisme électoral, mais n’en font pas un élément central de leur discours. Tout simplement parce que l’ensemble de la classe politique a, à leurs yeux, failli sur le sujet. Comme sur tous les autres, d’ailleurs. A l’heure de l’hyper défiance, un politique « républicain » est moins rejeté qu’un « islamogauchiste », mais il est rejeté tout de même…

Il est d’ailleurs très étonnant de constater le gouffre entre, d’une part, l’espace médiatique accordé aux « islamogauchistes », et d’autre part, leur quasi-absence parmi les Français, telle que les questions ouvertes posées pour Societing en attestent.

D’un côté, on a pu sous-entendre que le professeur aurait une part de responsabilité, ayant brandi des caricatures « offensantes ». Que(...)


Lire la suite sur Paris Match