Meurtre de Magali Blandin: les contours d'un "projet criminel" longuement mûri

Mélanie Vecchio avec Ambre Lepoivre
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Une enquête en disparition inquiétante a été ouverte pour retrouver la trace de Magali Blandin.  - BFMTV
Une enquête en disparition inquiétante a été ouverte pour retrouver la trace de Magali Blandin. - BFMTV

Plus d'un mois après la disparition de Magali Blandin, son corps a été retrouvé samedi matin près de Rennes après les aveux de son mari. Ce dernier a reconnu l'avoir tuée à coups de batte de baseball, sur fond de "complot criminel" et de "tensions au sein du couple".

Jérôme G., avec qui la victime était en instance de divorce, a été mis en examen samedi après minuit et placé en détention provisoire.

· Un projet fomenté depuis plusieurs années?

Le mari de Magali Blandin est soupçonné d'avoir fomenté son "projet criminel" depuis le mois de novembre 2020. Mais un point bien plus ancien interroge les enquêteurs. Dans les années 2000, Jérôme G. a créé sa société de production dans l'espoir de se faire une place dans le cinéma.

Il a écrit plusieurs scénarios, dont un dans lequel il imagne un homme brimé par sa femme, frustré, et qui finit par la tuer d'un coup violent, a appris BFMTV de sources concordantes. Le criminel est caché, le corps de la victime transporté en forêt. Une scène qui fait écho aux circonstances autour de la mort de Magali Blandin. Ce scénario a été remis aux enquêteurs par une amie proche du couple.

· Des "tensions" et une plainte pour violences conjugales

Si les contours du meurtre restent encore à préciser, un élément ressort: il s'est déroulé dans un contexte "de tensions au sein du couple", a souligné le procureur de la République de Rennes. Début septembre, Magali Blandin s'était presentée chez les gendarmes et avait déposé plainte pour violences conjugales.

Son mari avait alors été placé en garde à vue. Mais le parquet avait finalement décidé de classer l'affaire sans suite car l'infraction était "insuffisamment caracterisée", selon des sources concordantes.

· Les enfants placés en familles d'accueil par sécurité

Victimes collatérales de ce crime, les enfants du couple - âgés de 4, 7, 12 et 14 ans - ont été placés en famille d'accueil le 5 mars quand Jérôme G. a indiqué à la police qu'il faisait l'objet de menaces et de chantage de la part de Géorgiens. L'enquête a finalement révélé que ces "tentatives d'extorsions de fonds" découlaient du contrat qu'il avait conclu avec ces individus pour éliminer Magali Blandin.

Après avoir déjà reçu 20.000 euros, "certains Géorgiens, disposant d'un enregistrement du mari où il déclarait son intention de tuer sa femme, ont exercé sur lui un chantage en l'invitant à leur remettre 15.000 euros en échange de leur silence", a expliqué le procureur de la République de Rennes, Philippe Astruc.

Parmi eux, deux hommes et une femme ont été mis en examen. La décision de placer les enfants en famille d'accueil a été prise pour leur sécurité. La fratrie a été séparée: les deux plus jeunes ont pû rester ensemble mais les deux plus âgés ont été dispatchés dans des familles différentes. La famille de Magali Blandin pourra, par la suite, demander leur garde.

· Les parents de Jérôme G. mis en examen pour "complicité de meurtre"

Jérôme G. est soupçonné d'avoir entraîné avec lui ses parents, âgés de 72 et 75 ans. Ces derniers ont été mis en examen, notamment pour "complicité de meurtre par conjoint", et placés en détention. Les enquêteurs ont découvert qu'ils avaient remis une somme d'argent importante à leur fils, dont une partie a ensuite été reversée aux Géorgiens pour éliminer Magali Blandin.

Une question se pose alors: étaient-ils au courant de la finalité de ces versements d'argent? Les parents du suspect sont également soupçonnés d'avoir fourni un faux alibi à leur fils le jour du crime.

· Un voisin soupçonné d'avoir détruit une preuve

Dans cette affaire, un autre homme est suspecté d'avoir participé au "projet criminel". Il s'agit du voisin géorgien de Jérôme G. Cet homme - qui fait partie du groupe impliqué dans la tentative d'extorsion de fonds - loue un garage qui appartient au principal suspect. S'il a reconnu avoir détruit, peu après le crime, la voiture qui a transporté le corps de Magali Blandin, il affirme ne pas l'avoir fait en connaissance de cause.

Article original publié sur BFMTV.com