Meurtre de Justine Vayrac: que doivent encore révéler les expertises menées sur le corps de la victime?

Un hommage à Justine Vayrac, tuée le 23 octobre 2022 - BFMTV
Un hommage à Justine Vayrac, tuée le 23 octobre 2022 - BFMTV

Jeudi 27 octobre, le corps de Justine Vayrac était retrouvé dans un secteur boisé de Beynat, en Corrèze. La jeune femme de 20 ans avait disparu dimanche 23 octobre au petit matin, alors qu'elle se trouvait sur le parking d'une boîte de nuit de Brive-la-Gaillarde en Corrèze.

Ce lundi, les premiers résultats de l'autopsie ont indiqué que Justine avait reçu des coups avant d'être étranglée, des constations qui confirment ce qu'avait déclaré Lucas L. aux enquêteurs, comme l'ont indiqué des sources proches du dossier à BFMTV, confirmant une information de RMC. Le jeune homme, un agriculteur de 21 ans, est le principal suspect dans cette affaire. Il a reconnu la semaine dernière avoir tué puis enterré Justine.

Mais malgré ces premiers résultats, de nombreuses zones d'ombre continuent de planer sur ce dossier. Les examens toxicologiques doivent révéler si la jeune femme a été droguée, alors qu'un de ses amis a évoqué une coupe de champagne suspecte qui lui aurait été offerte en boîte de nuit.

• La question du viol

Les résultats complets de l'autopsie doivent indiquer si Justine a été violée. Face aux enquêteurs, Lucas L. a assuré avoir eu un rapport sexuel consenti avec sa victime. Mais le jeune agriculteur de 21 ans a été mis en examen pour séquestration, meurtre, et viol.

Les examens des médecins légistes doivent donc permettre d'éclairer ces interrogations.

"L'examen, c'est d'abord un temps d'inspection, et donc un examen gynécologique est réalisé, à la recherche de blessures, de violences, de contusions, de traces suspectes. Et ensuite, vient le temps du recueil des fluides", a détaillé sur notre antenne Stéphane Malbranque, médecin légiste au CHU d'Angers.

• Un "objet contondant" qui reste à déterminer

Bien que les premiers résultats de l'autopsie aient indiqué que Justine était morte étranglée, un point reste en suspens concernant le décès de la jeune femme. Jeudi, le procureur de la République de Limoges a indiqué que Justine avait reçu des coups avec un "objet contondant".

Cette arme n'a à l'heure actuelle toujours pas été identifiée ni retrouvée, et n'a pas été évoquée par le suspect.

Le travail mené par les médecins légistes pourrait permettre d'avoir une idée plus précise de cet "objet contondant".

"Donner exactement l'instrument, c'est relativement rare (...) Par contre on peut donner une classe d'instruments, si on a à faire à une masse, un marteau...", a indiqué à BFMTV Stéphane Malbranque, médecin légiste au CHU d'Angers.

Puis de continuer: "L'autopsie est une base pour travailler, on réalise des scanners du corps entier à la recherche de fractures, et ces fractures peuvent nous donner un indice assez pertinent pour retrouver la classe d'objet qui a meurtri le corps".

• Justine a-t-elle été droguée?

En plus de l'autopsie du corps de la jeune femme, les examens menés sur Justine Vayrac doivent indiquer si elle a été ou non droguée. Un de ses amis, Théo, présent à ses côtés lors de la soirée en boîte de nuit, a évoqué à BFMTV et au Figaro une coupe de champagne suspecte.

Selon Théo, Justine avait déclaré peu avant de disparaître que son verre, qui lui avait été offert par Lucas L., avait un "goût bizarre". "Quand Justine était en train de vomir, elle répétait: 'Je suis sûr qu'on a mis un truc dans mon verre'", a assuré Théo au Figaro. Ce dernier aurait aidé Justine, puis serait reparti avec dans sa voiture.

Les examens toxicologiques doivent désormais révéler si Justine a consommé ou non de la drogue.

"L'autopsie permet de faire des prélèvements, à tous les endroits où la substance a pu être. Dans le liquide gastrique, dans le sang, et puis dans l'urine. Mais également car ces substances vont avoir une action cérébrale directe, dans le liquide céphalo-rachidien", a indiqué à BFMTV Bernard Marc, chef de service médecine légale de l'unité médico-judiciaire du Grand Hôpital de l'Est Francilien.

À partir de ces prélèvements, les médecins vont rechercher tout le spectre des produits, tel que le GHB. Cette dernière substance est néanmoins connue pour disparaître rapidement dans le corps humain.

"Ces produits sont habiles, et vont disparaître. Mais sur un organisme vivant. A partir du moment où la personne est décédée, les métabolismes vont s'arrêter, et on va donc retrouver des traces", a assuré Bernard Marc.

Si des traces de drogues sont retrouvées dans le corps de Justine, les charges à l'encontre du suspect pourront évoluer. La notion d'empoisonnement pourra se rajouter aux trois chefs d'accusation qui visent déjà Lucas L. De plus, la notion de préméditation, une circonstance aggravante dans le Code pénal, pourrait émerger.

Article original publié sur BFMTV.com