Meurtre d'Isabelle Mesnage en 1986: Jacques Rançon de retour devant la justice

Jacques Rançon lors de son procès en mars 2018 au tribunal de Perpignan, dans les Pyrénées-Orientales - RAYMOND ROIG © 2019 AFP
Jacques Rançon lors de son procès en mars 2018 au tribunal de Perpignan, dans les Pyrénées-Orientales - RAYMOND ROIG © 2019 AFP

"Il le dit quand il est coupable." Jacques Rançon se présente une nouvelle fois ce lundi, et pour toute la semaine, devant une cour d'assises. Celui qui a été surnommé "le tueur de la gare de Perpignan" est jugé en appel pour le meurtre d'Isabelle Mesnage en 1986. L'accusé nie toute implication dans ce crime.

L'ancien cariste-magasinier de 62 ans s'est présenté vêtu lundi matin d'une chemise et d'un pantalon blancs devant la cour d'assises d'appel de Laon dans l'Aisne. En première instance, il avait été condamné à 30 ans de réclusion criminelle pour le viol et le meurtre de cette jeune femme de 20 ans.

Mode opératoire

Avant sa disparition, Isabelle Mesnage était partie randonner. Elle avait été retrouvée morte le 3 juillet 1986, à la lisière d'un bois, à une douzaine de kilomètres d'Amiens. L'enquête avait piétiné avant d'aboutir à un non-lieu en 1992. Elle avait été relancée en 2017 quand une avocate, Corinne Herrmann, spécialiste des affaires non élucidées, avait fait le lien entre Jacques Rançon, alors mis en cause pour des meurtres à Perpignan après l'identification de son ADN, et la mort d'Isabelle Mesnage.

L'avocate avait demandé la réouverture des investigations, pointant également les décès de deux femmes dans l'Aisne restés non élucidés, et obtenu gain de cause. Une nouvelle autopsie avait confirmé de fortes similitudes avec le mode opératoire de Jacques Rançon.

"On espère que sa culpabilité sera retenue, elle l'a été par une première cour d'assises, donc on ne doute pas qu'elle le sera par celle-là", a affirmé Me Didier Seban, avocat des parties civiles.

Un parcours criminel passé au crible

La défense veut, elle, "obtenir l'acquittement", a annoncé Me Xavier Capelet en amont du procès. Quand Jacques Rançon est innocent, "il le dit, quand il est coupable, il le dit aussi, donc je n'ai pas de raison de ne pas le croire, je considère que dans le dossier il n'y a pas d'éléments qui permettent d'être très affirmatif", a ajouté l'avocat.

L'accusé avait avoué, à sa septième audition de garde à vue puis devant le juge d'instruction, avoir violé et tué Isabelle Mesnage, expliquant avoir mutilé le corps pour qu'aucune trace de lui ne soit retrouvée. Mais il s'était ensuite rétracté dans un courrier, disant avoir subi des pressions des enquêteurs. Lors de son procès à Amiens en 2021, Jacques Rançon, déjà condamné en 2018 à la perpétuité pour les viols et les meurtres de deux femmes à Perpignan en 1997 et 1998, a nié avec constance avoir commis ce crime.

Pour les parties civiles, ce procès a un autre objectif: examiner le parcours criminel de Jacques Rançon. "On demandera que le pôle 'cold cases' à Paris puisse se saisir de son parcours pour essayer de remonter d'autres affaires", a précisé Me Didier Seban.

Article original publié sur BFMTV.com

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