Meurtre d'Eric Masson: policiers et politiques attendus en nombre devant l'Assemblée nationale

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Des syndicats, des milliers de policiers mais aussi le ministre de l'Intérieur et des politiques de tous bords ont commencé à se rassembler mercredi devant l'Assemblée nationale pour exprimer leur colère après le meurtre du brigadier Eric Masson, à l'approche d'importantes échéances électorales.

Toutes bannières au vent, les syndicats réunis - fait assez rare- en intersyndicale espèrent une mobilisation exceptionnelle de 30.000 personnes et "sans récupération politique".

"Chacun est libre d'y participer" mais "aucun responsable politique ne pourra accéder à la tribune ni s'y exprimer", ont-ils prévenu dans un communiqué commun.

Car depuis qu'ils ont appelé "la population" à venir témoigner de son "soutien à sa police républicaine", des élus de tous bords ont annoncé leur présence, alors que la sécurité s'impose comme l'un des principaux thèmes de campagne des régionales dans un mois, et de la présidentielle dans un an.

Même Gérald Darmanin s'y rendra, une "première" de mémoire de policiers pour un ministre de l'Intérieur, ce qui lui a valu de vives critiques de l'opposition.

"Je vais leur dire que nous les aimons", a-t-il justifié sur France Inter. "Il n'y a pas de soumission à un pouvoir quelconque", a-t-il affirmé, en référence à la police.

L'eurodéputé conservateur François-Xavier Bellamy a raillé un ministre qui manifeste "contre sa propre inaction".

"Son rôle est d'agir, pas de manifester", a aussi estimé Damien Abad, le patron des députés LR, dont "la quasi-totalité" sera présent, tout comme Xavier Bertrand (ex-LR), double candidat à l'Elysée et à sa réélection dans les Hauts-de-France.

Le numéro deux du Rassemblement national Jordan Bardella a également annoncé sa venue, avec "beaucoup d'élus" du parti.

A gauche, les chefs du Parti socialiste, Olivier Faure, du Parti communiste, Fabien Roussel, et la maire de Paris Anne Hidalgo seront présents, tout comme l'écologiste Yannick Jadot. Seule exception, La France insoumise, qui voit dans les demandes des syndicats policiers un "cahier de revendications corporatives".

L'acteur Gérard Lanvin doit prendre la parole au début du rassemblement à 13H00, avant des témoignages de policiers de terrain et des prises de parole syndicales, ont précisé les organisateurs.

- "Ecoeurés" et "en colère" -

Les syndicats ont décidé d'organiser ce rassemblement deux semaines jour pour jour après le meurtre d'Eric Masson, tué sur un point de deal à Avignon. Un drame qui a ébranlé la police, déjà marquée par l'assassinat le 23 avril de Stéphanie Monfermé, agente administrative au commissariat de Rambouillet (Yvelines), par un Tunisien qui se serait radicalisé.

Selon les responsables syndicaux, beaucoup de policiers "en colère" et "écœurés" voient dans la mort du brigadier lors de cette banale intervention un symbole des violences répétées à leur encontre, qui nécessitent une "réponse pénale" plus ferme.

Depuis Avignon, le gouvernement a déjà donné des gages aux syndicats, reçus le 10 mai à Matignon.

Le Premier ministre Jean Castex s'est notamment engagé à étendre à trente ans la période de sûreté pour les personnes condamnées à perpétuité pour un crime contre un policier ou un gendarme. Et à limiter strictement les possibilités de réduction des peines pour ceux qui s'attaquent aux forces de l'ordre.

Mais les syndicats déplorent que leur "revendication la plus importante", "la mise en œuvre de peines minimales" (aussi appelées peines planchers) pour "les agresseurs des forces de l'ordre", n'ait pas été "prise en compte".

Il faut "changer de logiciel", assure Grégory Joron d'Unité SGP Police-FO, dénonçant une "individualisation exacerbée des peines" et un "empilage de dispositifs qui vident les peines de leur sens".

Le rassemblement devant l'Assemblée nationale est aussi une manière de rappeler aux élus qu'ils "doivent prendre leurs responsabilités et au besoin légiférer pour faire en sorte que tout ce qu'on vient de vivre ne se reproduise plus", détaille Fabien Vanhemelryck, Secrétaire général d'Alliance.

"Le nœud gordien c'est l'application des peines existantes, notamment pour tout ce qui est en bas du spectre, c'est-à-dire les agressions du quotidien", "là où le sentiment d'impunité se crée et se nourrit", estime aussi Patrice Ribeiro, secrétaire général de Synergie Officiers.

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