#Metoopolitique: trois élues locales sur quatre disent subir du sexisme

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74% ont déjà été confrontées à des remarques ou comportements toxiques et 48% disent ne pas se sentir légitimes, révèle une enquête du Réseau Élues Locales.

#METOO - Une semaine après la diffusion d’accusations d’agressions sexuelles et de viol visant l’ancien ministre Nicolas Hulot, les récits d’agressions sexuelles et sexistes en politique vont-ils se multiplier? “On en est encore à un tout petit stade de dévoilement”, affirme le collectif #MeTooPolitique, alors qu’une enquête du réseau Élues Locales dévoile ce vendredi 3 décembre que les trois quarts des élues des collectivités territoriales ont déjà subi des remarques ou comportements sexistes.

“Le monde politique est gangrené par cette question-là”, a expliqué l’élue EELV Alice Coffin lors d’une conférence de presse ce même jour. La majorité de ces comportements interviennent en effet dans les locaux où ces élues exercent leurs fonctions, lors des conseils municipaux, pendant les permanences, au sein de leurs équipes ou sur le terrain. La plupart du temps, il s’agit d’interruption de parole, de remarques paternalistes ou de “blagues” sexistes. Et la quasi-totalité de ces comportements sont le fait d’autres collègues élus, révèle l’enquête.

Près de mille témoignages dans 99 départements

Pour obtenir ces résultats éloquents, 966 représentantes politiques ont été interrogées dans 99 départements et 81% d’entre elles sont élues à l’échelle communale. L’ampleur des chiffres recueillis dépeint un environnement hostile pour ces femmes engagées en politique. La fondatrice du réseau n’en est pas surprise. Au Parisien, Julia Mouzon explique que “cela fait dix ans qu’elles nous livrent ces témoignages. Il s’agissait aujourd’hui de quantifier le phénomène”. “Désormais”, ajoute-t-elle, “cette étude doit être un électrochoc pour les collectivités locales”.

Les témoignages de ces femmes élues qui dénoncent des propos sexistes et patriarcaux se succèdent ces derniers mois sur les réseaux sociaux. Preuve que peu à peu, ces élues locales, le plus souvent invisibilisées et isolées, osent prendre la parole sur le sujet.

La publication de la tribune de 300 femmes appelant dans Le Monde à ”écarter les auteurs de violences sexuelles et sexistes” de la vie politique et à mettre fin à “l’omerta” a permis de démuseler la parole.

Exemple parlant cette année, la maire de Paimpol avait rendu public en février le comportement sexiste d’un membre de l’opposition à son égard. ”“Maîtresse”, “ma cocotte”, tutoiement... “On en est encore là en 2021”, avait-elle dénoncé exaspérée, comme vous pouvez le voir dans notre vidéo ci-dessous

À voir également sur Le HuffPost: #MeTooPolitique: pourquoi la parole peine à se libérer

Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

VIDÉO - #BalanceTonBar mobilise la Belgique contre les violences faites aux femmes :

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