La mesure de l'air, pilier de la santé universitaire

Eric Dervaux / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

Pour vivre avec le Covid-19, il faut savoir ajuster les mesures au risque de contamination, et cela nécessite de quantifier ce risque, rappelle la chercheuse Claire Mathieu.

Cet article est extrait du mensuel Sciences et Avenir - La Recherche n°911, daté janvier 2023.

La propagation du Covid-19 se fait par aérosols et est favorisée par les rassemblements en intérieur. En raison des cours en amphithéâtre, des travaux dirigés dans des petites salles et du brassage des grandes conférences, l'enseignement supérieur et la recherche sont particulièrement concernés. Or, le virus est toujours là, autour de nous : ainsi, depuis la rentrée universitaire 2022, plusieurs de mes collègues ont dû se faire remplacer dans leur enseignement pour cause de Covid. Nous devons lutter contre sa propagation.

Quantifier le risque de contamination au Covid-19

Malheureusement les salles ne sont pas toujours bien ventilées, les purificateurs d'air y sont rares, les gens sont réticents à aérer lorsqu'il fait froid et le port du masque est socialement mal accepté : ces mesures désagréables demandent donc justification. Pour vivre avec le virus, il faut savoir ajuster les mesures au risque de contamination, et cela nécessite de quantifier ce risque.

Pour cela, nous avons de la chance : il a été montré expérimentalement que les aérosols se dispersent dans l'air comme les particules de CO2. Il suffit de mesurer le taux de ce gaz avec un capteur pour savoir quelle fraction de l'air qu'on inspire a déjà été exhalée par une autre personne afin de décider en connaissance de cause s'il est nécessaire d'aérer ou de porter un masque. L'équipement des salles en capteurs de CO2 est une mesure facile et indispensable pour organiser la vie en société, particulièrement à l'université, en temps de pandémie.

Par Claire Mathieu, directrice de recherche au CNRS, Institut de recherche en informatique fondamentale (CNRS/université Paris Cité).

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