Merkel et Erdogan se tiennent par la barbichette

Libération.fr

A chaque critique, le leader turc brandit une remise en cause de l’accord, même s’il ne peut en réalité se permettre de couper les ponts avec l’Europe.

Il y a un an tout juste, le Conseil européen des chefs d’Etat et de gouvernement adoptait le plan germano-turc destiné à stopper l’afflux en Grèce de demandeurs d’asile et de migrants économiques. Même s’il y a encore des arrivées, leur nombre est sans commune mesure avec la situation que l’UE a connue entre 2015 et le 18 mars 2016. La route des Balkans est quasiment fermée et les migrants empruntent à nouveau le chemin de la Libye et de l’Italie, un trajet autrement plus risqué, comme le montrent les centaines de noyades qui ont lieu chaque mois… Cet accord, qui revenait à sous-traiter la gestion des réfugiés à la Turquie, a été négocié par la chancelière allemande seule. En effet, Angela Merkel, qui avait décidé d’admettre sur son sol un million de personnes coincées en Autriche et en Hongrie afin d’éviter une catastrophe humanitaire, a rapidement été confrontée au coût politique de sa décision unilatérale, le parti d’extrême droite Alternative für Deutschland (AfD) capitalisant sur l’inquiétude d’une partie de l’opinion publique.

Mais plutôt que de fermer ses frontières pour interrompre les arrivées, à l’image du Hongrois Viktor Orbán érigeant un véritable «rideau de fer» à sa frontière avec la Serbie et la Croatie, elle a négocié avec Ankara afin de couper le robinet à la source.

En échange d’une aide de 6 milliards d’euros d’ici à 2018 (2,239 milliards avaient déjà été engagés en février 2016), d’une promesse de suppression des visas de court séjour pour les Turcs et d’une réactivation du processus d’adhésion à l’Union, la Turquie s’engageait à reprendre le contrôle de sa frontière extérieure. Les partenaires de Berlin, pris par surprise par ce revirement, ont endossé en maugréant l’accord, moyennant quelques aménagements juridiques destinés à respecter la Convention de Genève sur les réfugiés, même si en (...)

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