Menaces US contre des sites culturels iraniens : pourquoi Téhéran parle de "crimes de guerre" ?

Gérald Roux

Le cycle des menaces est enclenché entre Américains et Iraniens depuis la mort du général Soleimani tué par un drone US en Irak. Téhéran a promis de riposter aux Etats-Unis au "bon endroit et au bon moment". Donald Trump a alors menacé de frapper 52 sites iraniens, parmi lesquels des lieux culturels. Ce qui a fait réagir l'Iran, dénonçant par avance des "crimes de guerre". Franceinfo vous explique pourquoi l'Iran utilise ce terme.

Parce qu'un tel crime a déjà été reconnu par la justice

En 2016, la Cour pénale internationale de la Haye a condamné un jihadiste malien qui avait détruit plusieurs mausolées à Tombouctou en 2012. Certains des monuments étaient classés par l'Unesco au patrimoine mondial de l'humanité. Dans un procès historique, la cour a considéré pour la première fois la destruction du patrimoine culturel comme un "crime de guerre". Le coupable a écopé de neuf ans de prison. La Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH) et deux autres organisations maliennes avaient déposé plainte en 2015.

Jusqu'à ce procès, les dommages aux biens culturels n'étaient pas qualifiés de crimes de guerre, mais la Convention de la Haye en 1954 avait débouché sur la signature d'un traité international destiné à protéger les biens culturels en cas de conflit armé. La convention avait été adoptée à la (...)

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