Menace de coup d’État : le document qui pourrait incriminer Jair Bolsonaro

PHOTOMAURO PIMENTEL/AFP

Anderson Torres, ancien ministre de la justice de Jair Bolsonaro, a été arrêté par la police fédérale samedi 14 janvier, rapporte le quotidien Estado de São Paulo.

Celui qui était secrétaire à la sécurité publique du district fédéral de Brasilia au moment des émeutes du 8 janvier (il a depuis été démis de ses fonctions) a été interpellé à son arrivée à l’aéroport international Juscelino Kubitschek, à Brasilia. Il se trouvait en Floride lorsqu’un juge de la Cour suprême a requis son placement en détention préventive.

Afin de déterminer le rôle joué par Bolsonaro lors de ces émeutes, Torres pourrait être un personnage clé.

Dans un article publié jeudi, avant que la Cour suprême brésilienne n’accepte d’inclure l’ex-président dans une des enquêtes sur les événements du 8 janvier, le quotidien Folha de S. Paulo rapportait en effet que la police fédérale avait trouvé, lors d’une perquisition au domicile de l’ancien ministre de la Justice, un projet de décret présidentiel qui visait à intervenir auprès du Tribunal supérieur électoral (TSE) afin d’instaurer un état d’urgence dans le pays.

Le document aurait été écrit après la tenue du scrutin, et “selon des personnes familières avec l’enquête, [il] évoque une correction de l’élection”, souligne le journal.

“J’avais chez moi une pile de documents à jeter, où se trouvait très probablement le document en question”, s’est justifié Anderson Torres sur Twitter, affirmant que le projet de décret avait “fuité” pour “alimenter une fausse narration” et assurant “respecter la démocratie brésilienne”.

Bolsonaro préparait-il un coup d’État ?

Le document est “plus que suffisant pour renforcer les soupçons sur une action criminelle menée par Bolsonaro pour entacher l’élection”, estime un éditorialiste de Folha.

Déjà, durant ses deux mois de silence après sa défaite face à Lula, l’ex-dirigeant avait “transformé” la résidence officielle de la présidence “en bunker du putschisme”, pour “orchestrer la combine de son parti”, le Parti libéral, et “essayer d’annuler le résultat de près de 300 000 urnes électroniques”, pointe le chroniqueur.

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