Menaces, arrestations et assassinats : en Iran, la répression s’abat sur les médecins qui soignent les manifestants

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Le personnel médical iranien subit des pressions pour l'obliger à mentir sur la cause des blessures ou du décès de manifestants réprimés par les forces de sécurité, dans le cadre de la contestation qui secoue le pays depuis la mi-septembre. Des médecins ont été arrêtés, interrogés et battus. Une médecin aurait même été tuée pour avoir soigné en secret des manifestants blessés, comme l'ont raconté plusieurs sources à la rédaction des Observateurs de France 24.

Des dizaines de médecins iraniens ont été arrêtés, la plupart dans la région kurde de l'ouest du pays, selon des militants et des défenseurs des droits de l'Homme. Shouresh Heidari, un pharmacien de la province du Kurdistan, est le premier professionnel de la santé dont la détention a été mentionnée par les médias iraniens. Il a été détenu du 20 novembre au 5 décembre pour avoir soigné des manifestants blessés dans la ville de Bukan.

Selon des militants en contact avec des médecins iraniens, des centaines d'entre eux ont également été interrogés et menacés de perdre leur licence médicale s'ils soignaient les blessés en secret.

Médecins menacés, certificats de décès falsifiés

Sanam (pseudonyme) est une médecin iranienne. Elle travaille dans un hôpital du sud de l'Iran, dans une ville qui a connu d'importantes manifestations au cours des quatre derniers mois.

“Ils ont engagé de nouvelles infirmières qui soutiennent clairement le régime”