Menace terroriste: la sécurité renforcée autour des ambassades et écoles françaises à l'étranger

Justine Chevalier
·4 min de lecture

La sécurité va être renforcée dans toutes les ambassades françaises dans le monde, mais aussi aux abords de tous les autres bâtiments représentant les intérêts français comme les écoles et les lycées.

"La menace est partout." La mise en garde vient du ministre des Affaires étrangères à la sortie du conseil de défense organisé ce vendredi à l'Elysée. Au lendemain de l'attaque au couteau qui a fait trois morts à Nice, et dans un contexte de menace terroriste, le gouvernement a décidé de renforcer la sécurité aux abords de tous ses intérêts dans le monde.

Des instructions ont été passées aux ambassadeurs français dans le monde pour que la sécurité soit renforcée dans les lieux en lien avec la France. C'est le cas notamment en Grèce. Selon le journal grec Taxydromos, ce renforcement de la sécurité va être appliqué à l'ambassade et à tous les "membres de la mission diplomatique ainsi que devant les concessionnaires automobiles et les entreprises françaises".

Les intérêts français visés

Les patrouilles de police locale devraient être intensifiées aux abords de ces lieux en lien avec la France. "Les autorités locales apportent leur concours pour la sécurité de ces sites", a fait savoir Jean-Yves Le Drian, le ministre des Affaires étrangères. Outre les ambassades et les consultats, l'attention est portée aux instituts ou aux alliances françaises, dont la mission est de promouvoir la langue et la culture française.

Ce renforcement de la sécurité intervient dans un contexte de menace terroriste très élevé. Le niveau "urgence attentat" a été activé dans le cadre du plan vigipirate avec le déploiement de 7.000 policiers et gendarmes pour lutter contre cette menace, ainsi que 7.000 militaires de l'opération Sentinelle. Les autorités craignent également des attaques contre les intérêts français ailleurs dans le monde, alors que l'organisation al-Qaïda a récemment appelé à commettre des actions contre la France, où cela est possible.

La nouvelle publication des caricatures du prophète Mahomet par Charlie Hebdo, défendue par le président de la République au nom de la liberté d'expression, a entraîné de vives tensions avec le monde musulman. Tandis que le président turc Erdogan a mis en doute "la santé mentale" d'Emmanuel Macron, des appels au boycott des produits français ont été lancés dans plusieurs pays. Des manifestations contre la France ont également eu lieu au Bangladesh, au Pakistan ou en Iran.

"Il y a une pression très forte qui vient de l'étranger, on le voit à travers les manifestations qui sont parfois orchestrées par certains qui ont intérêt à entrer dans un bras de fer avec nous, par exemple c'est le cas de la Turquie, analyse sur BFMTV Didier Le Bret, ancien coordinateur national du renseignement. Tout cela peut donner des idées à certains, qui cherchent une bonne raison de pouvoir nous attaquer."

"La menace est partout"

Jeudi, l'ancien Premier ministre malaysien a créé la polémique en s'en prenant aux valeurs occidentales, au président français qu'il qualifie de "primitif" avant de justifier les attaques terroristes sur le sol français. "Les musulmans ont le droit d'être en colère et de tuer des millions de Français pour les massacres commis dans le passé", a estimé Mahathir Mohamad, dont la série de tweets a été signalée.

Jeudi toujours, un homme a blessé avec un couteau un vigile du consulat français à Jeddah, en Arabie Saoudite. La France avait alors appelé ses ressortissants à se tenir à l'écart des rassemblements et à la prudence lors de leurs déplacements.

"On passe vite de la haine virtuelle à la menace réelle", a dit redouter le ministre français des Affaires étrangères ce vendredi, estimant que "la menace est partout". "Le message d''urgence attentat' a été envoyé hier soir à l'ensemble de nos ressortissants étrangers quels que soient les lieux car la menace, elle, est partout", a mis en garde Jean-Yves Le Drian.

Comme sur le territoire national, les écoles et lycées français dans les autres pays - quelque 530 établissements répartis dans 140 pays - vont bénéficier d'une attention particulière. "Nous avons pris la décision d'autoriser la réouverture des établissements scolaires à partir du moment où une vigilance aura été accrue et une attention aura été portée à l'égard des élèves, parents et professeurs, pour garantir la sécurité dans ces établissements."

Article original publié sur BFMTV.com

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